
Hinche, le 10 novembre 2025. Une journée tragique s’est déroulée à Hinche dans le Plateau Central, où le professeur Junior Chérilus a perdu la vie après avoir été grièvement blessé lors d’une manifestation contre le délégué départemental Frédéric Occéan. L’incident a eu lieu en plein cœur de la ville, dans une zone stratégique abritant les principaux services publics du département, dont l’Office National de l’Aviation Civile (ONA), l’Observatoire des Violences Contra les Travailleurs (OAVCT) et l’Office National de l’Information (ONI).
Les tensions ont explosé ce lundi matin, lorsque des citoyens, rassemblés devant le complexe administratif, ont exprimé leur mécontentement contre M. Occéan, accusé de négligence et de comportement autoritaire. Les protestataires exigeaient sa destitution, soulignant que le délégué n’avait pas quitté son domicile depuis plus d’un mois, ce qui a suscité des suspicions quant à son implication dans des actes de corruption ou de favoritisme. Selon des sources locales, le vendredi 7 novembre dernier, M. Occéan avait fait son retour accompagné d’un groupe d’individus armés et encagoulés, une scène qui a exacerbé le mécontentement de la population.
Ce lundi, les manifestants ont tenté de bloquer l’accès au bureau du délégué, affirmant qu’il ne devait plus exercer ses fonctions tant qu’une enquête sur ses agissements ne serait pas menée. En réponse, des hommes armés, présents à ses côtés, ont ouvert le feu pour disperser la foule. Le professeur Chérilus, résidant à proximité du lieu des événements, a été touché de plein fouet par les tirs. Selon les premiers témoignages, il s’est trouvé à l’extérieur de son domicile au moment de l’incident et a été grièvement blessé. Il est décédé sur les lieux avant l’arrivée des secours. Deux autres personnes, un étudiant et un commerçant, ont également été blessées, mais leurs blessures ne sont pas jugées critiques.
Le délégué Frédéric Occéan a fait une déclaration publique sur la chaîne de Radio Kiskeya pour s’opposer aux accusations portées contre lui. « Je n’étais pas présent à Hinche ce lundi, comme je dois participer à un atelier organisé par le ministère de l’Intérieur à Port-au-Prince », a-t-il affirmé, cherchant à dégager toute implication dans l’incident. Il a cependant reconnu la gravité de la situation et a appelé à une enquête indépendante pour éclaircir les circonstances de la mort du professeur Chérilus.
Les autorités locales ont déclaré l’état d’urgence dans la région, craignant que des tensions similaires ne se propagent à d’autres départements. Des élections municipales sont prévues en décembre, et ce drame pourrait avoir un impact majeur sur le climat politique national. Les associations des enseignants et des travailleurs du Plateau Central ont exprimé leur indignation, exigeant des sanctions contre les responsables de l’usage de la force contre des citoyens pacifistes.
Les funérailles du professeur Chérilus, prévues pour le 15 novembre, seront marquées par un cortège de plus de deux kilomètres, selon ses proches. La communauté universitaire a lancé une pétition en ligne pour demander une justice rapide et une réforme des structures administratives départementales. Ce drame rappelle une fois de plus les fragilités des institutions publiques en Haïti et la nécessité d’une gouvernance plus transparente.
Rédaction Kominotek NEWS

