
Dans un contexte marqué par la montée exponentielle des conflits commerciaux, la Chambre de Conciliation et d’Arbitrage d’Haïti (CCAH), en partenariat avec le Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire (CSPJ), a organisé une session de formation intitulée « Le rôle du juge dans l’arbitrage », du 12 au 14 novembre 2025, à l’hôtel Ritz Kinam II. Cette initiative fait partie intégrante d’un plan stratégique visant à moderniser la justice économique et à offrir des outils juridiques adaptés aux enjeux contemporains.
Une vingtaine de magistrats originaires de Port-au-Prince et de la Croix-des-Bouquets, ainsi que des représentants de la Cour de Cassation, du Barreau haïtien et du Centre de Facilitation des Investissements (CFI), ont suivi ces ateliers. Leur objectif commun : accroître leurs compétences pour gérer efficacement des affaires de plus en plus complexes dans le domaine commercial.
Maxime D. Charles, président de la CCAH, a souligné lors de l’ouverture des travaux que l’arbitrage représente un levier essentiel pour désengorger les tribunaux et accélérer les procédures judiciaires. « En tant que mécanisme alternatif, l’arbitrage offre rapidité, confidentialité et flexibilité, ce qui en fait un choix idéal pour les entreprises », a-t-il affirmé. De son côté, Me Carves Jean, représentant du CSPJ, a insisté sur le rôle clé de cette approche dans l’amélioration de la réputation judiciaire d’Haïti, un facteur déterminant pour attirer les investisseurs internationaux.
Fatima Léonne Prophète, directrice du CFI, a également mis en lumière les enjeux économiques liés à cette modernisation. « Un système fiable de résolution des différends est indispensable pour renforcer la sécurité juridique et rassurer les partenaires étrangers », a-t-elle expliqué. Selon elle, l’arbitrage permet non seulement de résoudre les conflits de manière transparente, mais aussi de positionner Haïti comme un acteur sérieux sur la scène régionale.
Les enseignements dispensés pendant ces trois jours ont couvert les fondamentaux de l’arbitrage, notamment les modalités de création des tribunaux arbitraux, les règles de saisine et les normes internationales en la matière. Des experts reconnus, tels que Georges Henry, Me Nathalie Wakam Cyprien, Me Rose-Berthe Augustin, Me Patrick Laurent et Me Sébastien Maxi, ont guidé les participants sur la synergie entre la justice étatique et la justice arbitrale.
Cette formation s’inscrit dans une dynamique plus large d’accompagnement des acteurs juridiques et économiques. Elle vise à créer un environnement propice à l’investissement en garantissant la rapidité et la prévisibilité des décisions. « L’arbitrage est un pilier de la justice moderne, capable de répondre aux attentes des citoyens et des entreprises », a conclu un participant.
Avec la montée en puissance des activités commerciales, l’initiative de la CCAH et du CSPJ pourrait marquer un tournant décisif dans la transformation du système judiciaire haïtien, en mettant l’accent sur l’innovation et l’adaptabilité.
Rédaction Kominotek NEWS

