POLITIQUE

Haïti : un policier dénonce des menaces et un sentiment d’abandon de la part de ses supérieurs

Vendredi 25 juillet dernier, la voix d’Altenor Jean Roger a retenti sur les ondes de Radio Caraïbes, rompant un silence pesant. En tant qu’agent 3 de la Police nationale d’Haïti (PNH), il a dévoilé les menaces de mort qui pèsent non seulement sur lui, mais aussi sur sa femme et leur enfant. Cette situation, il la perçoit non seulement comme une question de sécurité personnelle, mais également comme un abandon de la part de sa hiérarchie. Selon ses dires, ses supérieurs l’ont laissé sans soutien, vulnérable, tandis que sa vie est menacée par des intérêts privés et le silence complice de ses chefs.

Tout a commencé en 2022, dans le cadre d’un conflit familial. Son beau-frère, Diverson Trémont, résidant aux États-Unis, l’a faussement accusé de trafic d’armes et de liens avec des groupes criminels. Deux mandats d’arrêt pour menaces de mort ont été émis à son encontre sans qu’aucune audience ne soit organisée. Trémont n’a jamais comparu devant un juge, et plusieurs proches de la famille ont qualifié ces accusations d’infondées et de malveillantes.

Altenor Jean Roger a également révélé que son nom et sa photo figuraient sur une liste de cibles établie par des groupes armés actifs dans la région. Il y voit une menace directe, résultat d’un harcèlement qu’il estime être orchestré dans l’ombre avec une grande sophistication.

Peu après ces événements, il a été muté à Gonaïves, une affectation qu’il perçoit comme une sanction déguisée, influencée par des pressions familiales. Déjà affaibli par des problèmes de santé, il considère cette mutation comme une mise en danger délibérée. En mars 2025, grâce à l’intervention du commissaire Paul Ménard, il a pu retourner brièvement à Port-au-Prince. Cependant, dès le mois suivant, il a été renvoyé à Gonaïves, aggravant ainsi son sentiment d’abandon.

Malgré avoir été blanchi par une enquête interne, il affirme aujourd’hui faire face à une autre forme d’hostilité. Son salaire n’est plus versé, sa prime de risque a été suspendue, et toutes ses démarches pour régler cette situation sont restées lettre morte. Le silence de ses supérieurs, selon lui, pèse autant que les menaces de mort qui planent sur lui.

Dans un contexte où l’institution policière semble fragilisée, où l’uniforme ne protège plus et peut même exposer, le témoignage d’Altenor Jean Roger met en lumière l’isolement de ceux qui continuent de servir malgré la peur. Il ne réclame ni privilèges ni traitement de faveur, mais simplement que l’État ne tourne pas le dos à ceux qui ont juré de le protéger.

 

Rédaction Kominotek NEWS

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