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Haïti, nouveau carrefour du narcotrafic mondial : l’ONU tire la sonnette d’alarme

Face à une situation sécuritaire critique, l’ONU a déclaré fin novembre que Haïti occupe désormais une position clé dans les réseaux de trafic qui relient l’Amérique du Sud, les Caraïbes et les États-Unis. Cette prise de position s’inscrit dans un contexte où la montée de la violence gangstique, qui a contraint des centaines de milliers de citoyens à fuir leur foyer, aggrave profondément les crises humanitaire et économique. Les experts onusiens soulignent leurs craintes quant à la collusion accrue entre les groupes armés locaux et les réseaux criminels internationaux, alimentant ainsi le trafic de drogues.

Un exemple concret de cette menace a été fourni en juillet 2025, lorsque les autorités haïtiennes ont intercepté 1 045 kg de cocaïne à proximité de l’île de la Tortue, sur les côtes nord du pays. Il s’agissait de la plus grande saisie de drogue enregistrée par Haïti depuis plus de trois décennies. Quinze jours plus tard, 426 kg de cannabis ont été découverts à Petite-Anse, près de Cap-Haïtien. En parallèle, deux citoyens haïtiens ont été appréhendés en Jamaïque, porteurs de 1 350 kg de marijuana, toujours en juillet 2025.

Les enquêteurs indiquent que les marchandises saisies en mer Caraïbe provenaient principalement de l’Amérique du Sud, avec pour objectif de rejoindre les États-Unis et les Caraïbes. L’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) a également rapporté des preuves d’exportations vers l’Europe. En août 2025, les forces belges ont confisqué 1 156 kg de cocaïne dans un conteneur à Anvers, origine : Haïti. Selon les Nations Unies, les gangs de Port-au-Prince et les zones stratégiques adjacentes, ainsi que les frontières avec la République dominicaine, contrôlent les axes majeurs de transit de drogues et d’autres biens illégaux, notamment des armes.

« Le maillage des routes intérieures par ces groupes leur permet non seulement de percer des impôts à la population, mais aussi de faciliter le passage des narcotiques vers l’exportation sans risque. Certains exigeront des redevances pour les navires traversant leurs zones d’influence ou perpétreront des vols en mer », avertissent les Nations Unies. De plus, des informations provenant de Jamaïque révèlent un lien entre les armes saisies et des échanges de drogues impliquant des gangs haïtiens.

Geographiquement, Haïti est devenue un centre névralgique du trafic mondial, selon l’ONU. L’Île de la Tortue, historiquement un point d’intérêt pour les pirates, abrite désormais des réseaux criminels organisés impliqués dans le trafic de drogues, le trafic humain et d’autres activités illicites. Sa proximité des Bahamas, de la Jamaïque et des îles Turks et Caicos en fait une plateforme idéale pour entreposer et redistribuer des marchandises illégales. Les Nations Unies soulignent que les difficultés administratives du pays ont permis aux trafiquants de s’emparer de cette vulnérabilité.

Consciente de la collusion entre la corruption endémique et le blanchiment d’argent lié au crime, l’ONUDC travaille à renforcer les mécanismes juridiques et institutionnels haïtiens. Des opérations clandestines d’importation d’armes par les mêmes voies que celles de la drogue compliquent davantage la gouvernance.

 

Rédaction Kominotek NEWS

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