
Dans un nouveau rebondissement marquant l’instabilité croissante en Haïti, le site « Téléco » situé à Kenskoff, un lieu stratégique pour les télécommunications, est tombé entre les mains de groupes armés. Ce site abrite non seulement des équipements essentiels pour les communications nationales, mais aussi des installations de l’Office National de l’Aviation Civile (OFNAC), qui jouent un rôle crucial pour la sécurité aérienne.
Cette prise de contrôle, attribuée à des groupes liés au regroupement criminel Viv Ansanm, s’accompagne d’une occupation d’antennes de radiotélédiffusion. Cette situation expose le pays à des perturbations majeures dans ses communications stratégiques, essentielles au fonctionnement des services publics et à la coordination des secours.
Les assaillants ont lancé un ultimatum de 48 heures au gouvernement parallèle dirigé par Alix Didier Fils-Aimé, l’avertissant d’établir un contact, sous peine de détruire les infrastructures. Une telle destruction aurait des conséquences catastrophiques pour le pays, déjà en proie à une crise humanitaire et à une insécurité galopante.
L’aviation civile haïtienne se trouve particulièrement menacée par cette situation. Les installations de l’OFNAC sont indispensables à la gestion du trafic aérien et à la sécurité des vols. Leur neutralisation pourrait non seulement paralyser l’aviation civile en Haïti, mais aussi avoir des répercussions régionales, compliquant les liaisons aériennes avec les pays voisins.
Josué Renaud, un militant des droits humains, a vivement critiqué cette situation, la qualifiant de symbole de l’effondrement de l’État haïtien. Il a souligné l’ironie d’un référendum annoncé pour novembre par les autorités de transition, alors que les gangs dictent les règles du jeu. « Comment peut-on parler d’élections dans un pays où les gangs détiennent le pouvoir ? », a-t-il interrogé.
Cette prise de contrôle met en lumière la paralysie d’un pays où les groupes armés remplacent de plus en plus l’autorité publique. Entre les menaces sécuritaires, la crise de légitimité et la fragilité institutionnelle, le dossier de Kenskoff révèle une situation où l’État semble avoir perdu le contrôle de ses propres infrastructures. Cette escalade de violence et d’instabilité ne peut que plonger davantage le pays dans le chaos, avec des conséquences potentiellement désastreuses pour sa population déjà éprouvée.
Rédaction Kominotek NEWS

