Haïti : le Forum des Anciens Premiers Ministres appelle le CPT à anticiper la crise politique de février 2026

À cinq mois de l’échéance fatidique du 7 février 2026, le Forum des Anciens Premiers Ministres d’Haïti (FAPM) tire la sonnette d’alarme face au risque imminent d’une crise politique sans précédent. Dans un appel pressant, le FAPM exhorte le Conseil Présidentiel de Transition (CPT) à adopter une vision clairvoyante et proactive pour éviter un vide institutionnel qui pourrait plonger le pays dans le chaos.
Le mandat du CPT, défini par les accords en vigueur et les articles 6 et 6.1 du décret du 23 mai 2024, prévoyait l’organisation d’un référendum constitutionnel et d’élections générales. Cependant, il est désormais évident que ces objectifs ne seront pas atteints avant la date butoir du 7 février 2026. À cette date, Haïti risque de sombrer dans une impasse politique majeure, caractérisée par l’absence d’autorités dotées d’une légitimité minimale, plongeant le pays dans une crise institutionnelle sans issue.
Cette menace se profile dans un contexte déjà critique : l’incertitude politique, le chaos sécuritaire qui dévaste les familles et paralyse les activités économiques, l’instabilité chronique qui bloque tout progrès, la détérioration de la situation économique et sociale, plongeant la majorité des citoyens dans la précarité ou la ruine totale, ainsi que la dégradation de l’environnement, qui exacerbe les vulnérabilités du pays.
Pour aggraver la situation, l’arrêt sine die du transport international direct des passagers, en vigueur depuis plus de quinze mois, a renforcé l’isolement de Port-au-Prince, conséquence de la décision des autorités américaines de suspendre le trafic aérien après des attaques de bandits armés contre des vols commerciaux. Par ailleurs, la fermeture des frontières terrestres, maritimes et aériennes avec la République Dominicaine, ainsi que la cessation de services consulaires de nombreux pays, aggravent encore le sentiment d’asphyxie.
Pour faire face à cette situation, le FAPM propose, en application de l’article 136 de la Constitution, au CPT de convoquer d’urgence une assise nationale inclusive. Cette réunion devrait rassembler toutes les forces vives de la Nation, notamment les partis politiques représentatifs, les églises et confessions religieuses, les secteurs des affaires et de la production, les jeunes, les femmes, la société civile organisée, les structures de la Diaspora et les associations paysannes. L’objectif est de déboucher sur l’adoption d’un agenda réaliste, ancré dans la volonté souveraine du peuple haïtien, tout en tenant compte des résolutions pertinentes de l’Organisation des États Américains (OEA) et des efforts des Nations Unies.
L’agenda doit viser à engager un processus rationnel et consensuel pour assurer une gouvernance politique au-delà du 7 février 2026. Il doit s’orienter vers la restauration de la sécurité, l’organisation d’élections, la stabilité institutionnelle, la prospérité économique et l’amélioration des conditions de vie des Haïtiens.
Le FAPM souligne que l’avenir d’Haïti doit être entre les mains des Haïtiens eux-mêmes. Il est essentiel d’assumer pleinement ses responsabilités, de dépasser les logiques de dépendance et de tirer les leçons des erreurs commises par certaines décisions internationales, notamment les nombreuses missions de maintien de la paix menées depuis plus de trente ans, qui n’ont pas inversé la spirale de la détérioration.
Il ne s’agit plus de produire des textes interminables ou des accords sans lendemain, mais de donner enfin au pays une direction claire et rationnelle, fondée sur des mesures réalistes, la cohérence, la cohésion, la convenance et l’efficacité.
Le FAPM lance un vibrant appel à la prise de conscience et à la responsabilité nationale. Un élan patriotique de mobilisation citoyenne s’impose pour établir un climat de confiance, restaurer la sécurité, stabiliser l’économie, renforcer l’assistance sociale et protéger les plus vulnérables, dans une dynamique de solidarité, de discipline collective et de vision commune.
L’après-7 février 2026 doit être déterminé et clarifié sans délai. Cette date ne saurait être une nouvelle occasion manquée ou une étape supplémentaire dans la déchéance et l’anarchie. Il est temps pour le CPT de lancer officiellement et publiquement une grande consultation nationale, afin que, dès la fin de son mandat, le peuple haïtien et ses partenaires internationaux disposent d’une vision claire des solutions retenues pour assurer une gouvernance politique en phase avec les aspirations de la majorité.
Pour le FAPM, l’ancien Premier ministre Evans PAUL, Président du Forum, soulève la nécessité d’agir sans retard pour éviter une crise politique majeure et construire un avenir meilleur pour Haïti.
Rédaction kominotek NEWS

