Golfe : sept puissances condamnent les attaques iraniennes et haussent le ton

Les grandes puissances occidentales et leurs partenaires asiatiques haussent le ton face à la montée des tensions dans le Golfe. Dans un communiqué conjoint publié jeudi, le Canada, la France, le Royaume-Uni, l’Allemagne, l’Italie, les Pays-Bas et le Japon ont fermement condamné les récentes attaques attribuées à l’Iran contre des infrastructures énergétiques civiles et des navires commerciaux dans la région.
Ces pays dénoncent notamment les frappes visant des installations stratégiques, dont le site gazier de Ras Laffan au Qatar, ainsi que les actions contre des navires non armés. Ils appellent à un « moratoire immédiat et général » sur toute attaque ciblant des infrastructures civiles, en particulier dans les secteurs pétrolier et gazier, essentiels à l’équilibre énergétique mondial.
Au cœur des préoccupations figure également la situation dans le détroit d’Ormuz, passage stratégique par lequel transite environ un cinquième de la production mondiale de pétrole, ainsi qu’une part importante du gaz naturel liquéfié. La quasi-paralysie de ce corridor maritime, attribuée aux restrictions imposées par Téhéran, a déjà provoqué une flambée des prix des hydrocarbures et suscité des inquiétudes sur les marchés internationaux.
Face à cette situation critique, les pays signataires affirment être « prêts à contribuer » aux efforts visant à sécuriser la navigation dans la zone. Le Royaume-Uni a notamment évoqué la préparation d’un plan coordonné avec ses partenaires européens, les États du Golfe et les États-Unis, afin de rétablir la libre circulation maritime.
De son côté, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) a déjà pris des mesures pour atténuer l’impact économique de la crise, en libérant 400 millions de barils de pétrole issus de ses réserves stratégiques. L’organisation se dit prête à aller plus loin si la situation venait à se détériorer davantage.
Dans leur déclaration, les États concernés indiquent également envisager d’autres actions pour stabiliser les marchés de l’énergie, notamment en collaboration avec des pays producteurs susceptibles d’augmenter leur production. Toutefois, aucune précision supplémentaire n’a été fournie sur ces éventuelles mesures.
Parallèlement, une réunion de crise se tient à Londres sous l’égide de l’Organisation maritime internationale (OMI). L’objectif est d’identifier des solutions concrètes pour garantir la sécurité dans le détroit d’Ormuz, où près de 20 000 marins restent bloqués à bord d’environ 3 200 navires.
Alors que l’Iran autorise ponctuellement le passage de navires appartenant à des pays alliés tout en menaçant de bloquer ceux des nations jugées hostiles, la communauté internationale redoute une escalade majeure. Cette crise, à la fois sécuritaire et énergétique, pourrait avoir des répercussions durables sur l’économie mondiale et sur la stabilité géopolitique du Moyen-Orient.

