
L’Unité de Lutte Contre la Corruption (ULCC) a déposé devant les autorités judiciaires des rapports détaillés mettant en lumière des irrégularités liées à plusieurs institutions et anciens cadres de l’administration publique haïtienne. Au cœur de l’attention, Jean Ronald Joseph, ancien directeur du Fonds National de l’Éducation (FNE), est accusé d’avoir octroyé des subventions à des associations fictives entre octobre 2024 et février 2025.
Dans son document, l’ULCC souligne d’abord l’absence criante d’un manuel de procédures définissant les critères d’attribution des subventions scolaires et académiques au FNE. Parmi les 31 projets financés, 13 n’ont aucun lien direct avec les objectifs éducatifs de l’institution, révèle l’enquête.
Sur un montant total de 162 871 235 gourdes distribués à 31 associations, 13 d’entre elles ont reçu 68 millions de gourdes pour des initiatives sans rapport avec la mission éducative du FNE. La commission a mis en évidence des pratiques systématiques de détournement de fonds publics, alimentés par une gestion laxiste des ressources.
La Commission d’enquête de l’ULCC a également relevé que l’administration de Joseph avait procédé à des paiements rapides sans s’assurer de l’utilité réelle des projets, ni demander de rapports d’exécution des dépenses. Ces irrégularités ont entraîné un financement de 68 019 311 gourdes pour des projets non conformes.
Après une analyse approfondie, la commission accuse l’ancien directeur d’avoir abusé de son autorité. « Ses responsabilités visaient à gérer avec rigueur et honnêteté les ressources du FNE, rappelle l’ULCC. Or, pendant la période octobre 2024-février 2025, il a délibérément octroyé des subventions sans vérifier l’existence légale des bénéficiaires ni l’alignement des projets avec les objectifs éducatifs. »
Face à ces violations graves et à des cas de corruption, l’ULCC exige des poursuites contre Joseph, accusé de détournement de fonds, de négligence dans le contrôle des subventions et d’obstruction à la justice. L’ancien responsable, sociologue et professeur universitaire, n’a jamais répondu aux interrogations des enquêteurs, et un avis de recherche a été lancé à son encontre, sans aboutissement.
La commission a également recommandé des actions légales contre plusieurs bénéficiaires des subventions, notamment Priscille Mazile Milord, Ashley Jean Joseph, Distey-Panord Joseph, Recilor Fede et Taisha Anna Melissandre St-Rémy, soupçonnés de détournement de biens publics.
L’ULCC insiste sur l’urgence de traduire en justice les acteurs impliqués pour restaurer la transparence et la crédibilité des institutions haïtiennes.
Rédaction Kominotek NEWS

