
Les autorités religieuses et la communauté locale sont profondément secouées après l’enlèvement d’un Révérend Père, le Révérend Père Jean Julien Ladouceur, survenu le jeudi 23 octobre 2025 à Delmas 31, un quartier de la capitale haïtienne. L’épisode, marqué par la violence et l’intrusion d’un groupe d’individus armés, a suscité un vif émoi, tant dans l’archidiocèse de Port-au-Prince que dans les paroisses voisines.
Le Révérend Père Ladouceur, à bord de son véhicule, était accompagné de trois collaborateurs, membres de la Commission Épiscopale pour l’Éducation Catholique (CEEC), lorsqu’un commando armé les a soustraits de force. Les noms des trois employés, Serfise Guillaume Charlot, Johanne Marcellus et Pierre Anddy Joseph, ont été révélés, renforçant l’impact émotionnel de cette situation. Selon les premières informations, le prêtre, qui sert comme curé de la paroisse Sainte-Claire de Petit-Place Cazeau, se trouvait dans Delmas 33 au moment de l’enlèvement. Les circonstances précises de l’incident restent floues, mais des témoins rapportent des échanges de coups de feu et une fuite rapide du groupe vers un véhicule non identifié.
L’archidiocèse de Port-au-Prince a immédiatement publié un communiqué, appelant la communauté à la prière et à la vigilance. Dans un message solennel, Mgr Joseph Élie Monestime, l’archevêque, a exprimé sa profonde inquiétude pour le sort du Révérend Père et de ses collaborateurs, maintenant otages. « Nous implorons la miséricorde divine pour ces hommes, victimes d’une violence inacceptable, et nous appelons chacun à prier pour leur retour en sécurité », a-t-il déclaré. L’archidiocèse a également évoqué la nécessité d’une solidarité accrue face aux menaces croissantes pesant sur les figures religieuses et les organisations œuvrant pour l’éducation.
Les autorités locales, pour leur part, ont annoncé une enquête en cours pour identifier les auteurs et réclamer l’octogesime des otages. Des unités de la police nationale et du service de sécurité présidentiel ont été déployées dans les zones sensibles, tandis que les médias nationaux relayent des appels à la calme et à la non-diffusion d’informations non vérifiées. Les leaders communautaires, quant à eux, s’accordent à souligner la fragilité de la paix dans la région, où les enlèvements et les actes de violence ne cessent de se multiplier.
Cette affaire relance le débat sur la sécurité des ecclésiastiques et des acteurs de la société civile en Haïti. La CEEC, dont les collaborateurs ont été enlevés, joue un rôle clé dans l’accompagnement scolaire et pastoral, touchant des milliers d’enfants et d’adultes. La communauté catholique, généralement apolitique, s’inquiète désormais de la montée de la criminalité organisée et de l’impunité qui prévaut.
En attendant, les familles des otages et les fidèles organisent des cérémonies de prière dans les églises de Port-au-Prince et de Delmas. Les paroissiens, avec des bougies et des chapelets, demandent à Dieu de protéger leurs pasteurs. « Nous ne baissons pas les bras. Notre foi est notre force », a affirmé un participant à une veillée de soutien. L’archidiocèse a également lancé un appel aux donateurs pour financer les recherches et soutenir les familles affectées.
Le Révérend Père Ladouceur, âgé de 52 ans, était connu pour son engagement dans les projets de développement communautaire et son approche pastorale inclusive. Son enlèvement a marqué un tournant dramatique, mettant en lumière les vulnérabilités d’un système sécuritaire encore à l’épreuve.
Les prochaines heures et jours seront déterminants pour une résolution de cette crise. L’archidiocèse continue de collaborer avec les services de sécurité, tout en appelant à la paix et à la non-violence. La prière, le dialogue et la collaboration inter-religieuse semblent être les seules armes disponibles face à cette montée de la terreur.
Rédaction Kominotek NEWS

