
L’Organisation du Peuple en Lutte (OPL) condamne avec force les mesures prises par les États-Unis contre Edgard Leblanc Fils, ancien coordinateur de l’organisation et membre du Conseil présidentiel de transition (CPT). Pour l’OPL, ces sanctions, qualifiées de « fantaisistes » et de « non fondées », constituent une intrusion inacceptable dans les affaires intérieures haïtiennes. L’organisation souligne que les décisions des membres du CPT, critiquées par Washington, n’ont fait qu’exercer leurs responsabilités dans un contexte de crise profonde touchant le pays.
L’OPL rappelle que l’ingérence américaine n’est pas nouvelle, citant notamment l’appui apporté par les États-Unis lors de la formation du CPT en avril 2024, une initiative que l’organisation n’a pas jugé opportun de dénoncer à l’époque. Pourtant, cette fois-ci, elle affirme avoir franchi le cap de l’interférence directe, en utilisant des outils diplomatiques tels que le retrait du visa de courtoisie octroyé à Edgard Leblanc Fils, tout en cherchant à salir sa réputation. « La liberté de décision politique en Haïti appartient aux Haïtiens depuis 1803, rappelle Kétel Jean-Philippe, coordinateur adjoint de l’OPL. Aucune puissance étrangère ne peut s’arroger le droit de dicter sa volonté à un peuple qui a écrit son histoire avec courage et dignité. »
Si l’OPL reconnaît l’importance de la coopération internationale pour aider Haïti à sortir de la crise, elle dénonce l’usage abusif de cette coopération comme levier de pression. L’organisation estime que les États-Unis, en tant que puissance majeure du continent américain, ont une responsabilité historique envers les pays voisins. Cependant, cette responsabilité, selon elle, ne justifie pas une ingérence qui vise à criminaliser les acteurs politiques haïtiens ne se pliant pas à ses exigences. L’OPL accuse en outre Washington de manipuler les faits en associant Edgard Leblanc au phénomène des gangs armés, une accusation qu’elle qualifie de « simpliste » et de « refus de lutter sérieusement contre la violence ».
Pour l’organisation, ces attaques sont une démonstration de faiblesse politique, une tentative de « marchandage » qui n’a pas sa place dans les relations diplomatiques régies par la Convention de Vienne. L’OPL exprime sa solidarité envers Edgard Leblanc Fils, sénateur et ancien coordinateur, en le décrivant comme un figure politique respectée, victime d’une campagne d’intimidation. Elle affirme que la révocation de son visa, si légalement justifiable, ne peut masquer une logique de pression destinée à imposer un agenda étranger.
Enfin, l’OPL lance un appel à la défense de la souveraineté haïtienne, en rappelant que les solutions à la crise du pays ne peuvent émerger qu’au sein d’une démocratie respectueuse de la diversité d’opinions. Elle rejette toute ingérence étrangère sous prétexte de « stabilisation », affirmant qu’Haïti a les ressources humaines et historiques pour construire son propre avenir. L’organisation exige que les États-Unis cessent de « banaliser les actes terroristes » et de se désengager des efforts concrets contre la violence. En somme, l’OPL défend un modèle de coopération international fondé sur l’égalité, et non sur le conditionnement.
Rédaction Kominotek NEWS

