
Le président dominicain Luis Abinader a pris la parole devant l’Assemblée générale des Nations Unies pour lancer un appel urgent à une réforme de l’ONU, tout en demandant une action internationale immédiate et décisive pour faire face à la crise en Haïti. Il a qualifié la situation dans le pays de « tragédie humaine sans précédent », soulignant que les gangs armés, qui contrôlent désormais plus de 90 % de Port-au-Prince, représentent une menace directe non seulement pour la République dominicaine, mais aussi pour l’ensemble de la région.
Abinader a insisté sur la nécessité de renforcer les cadres du dialogue international afin de restaurer leur crédibilité et leur efficacité. Il a proposé que les pays des Caraïbes et de l’Amérique latine se unissent pour désigner un leader visionnaire, indépendant et engagé, capable de porter un projet concret pour sortir Haïti de cette crise.
Le président a soutenu la transformation de la mission MSS, actuellement dirigée par le Kenya, en une force dotée d’un commandement renforcé et d’un soutien logistique sous mandat onusien. Il a été catégorique en affirmant qu’aucune négociation avec les groupes armés n’est possible et que seule une action collective, cohérente et durable de la communauté internationale peut rétablir la sécurité et permettre un accord démocratique entre les Haïtiens.
Abinader a également souligné que la diplomatie robuste appliquée à l’égard de Haïti vise à inciter la communauté internationale à se concentrer davantage sur les défis actuels du pays, contrôlé en grande partie par les gangs. Il a rappelé que depuis 2023, la République dominicaine avait fermé officiellement ses frontières avec Haïti, ne permettant le passage qu’aux diplomates, aux organisations humanitaires et au commerce, notamment dans le cadre du projet de construction du canal de Ouanaminthe sur la rivière Massacre.
Sur le plan national, le président a réaffirmé la protection des frontières dominicaines et la poursuite d’une politique migratoire strictement contrôlée. Il a indiqué qu’en huit mois, plus de 250 000 Haïtiens en situation irrégulière avaient été expulsés. Abinader a exhorté la communauté internationale à ouvrir les yeux sur la gravité de la situation en Haïti et à soutenir des mesures concrètes pour stabiliser le pays. Il a également proposé que l’ONU vote pour une femme en tant que prochaine Secrétaire générale, succédant ainsi à Antonio Guterres.
La veille, le ministre des Affaires étrangères Roberto Álvarez avait déjà rappelé devant le Conseil économique et social (ECOSOC) l’urgence d’une réponse rapide et intégrée du Conseil de sécurité. Il avait souligné le rôle continu de la République dominicaine dans l’assistance médicale au personnel de la MSS et son soutien au renforcement du comité de sanctions et de l’embargo sur les armes, conformément à la résolution 2653 du 21 octobre 2022.
Rédaction Kominotek NEWS

