
La disparition inquiétante des journalistes haïtiens Junior Célestin et Osnel Espérance a suscité une mobilisation sans précédent, tant au niveau national qu’international. Les deux hommes, respectivement affiliés à Uni FM et Megastar, ont été enlevés le vendredi 13 mars dernier alors qu’ils réalisaient un reportage dans un quartier contrôlé par le gang 5 segonn, une faction armée connue pour ses activités criminelles et sa rivalité avec d’autres groupes armés. Depuis cet événement, leurs proches n’ont reçu aucune information sur leur sort, ce qui alimente un climat de tension et d’angoisse. Leurs familles, leurs collègues et les organismes de défense de la liberté de la presse réclament des réponses claires et des mesures concrètes pour garantir leur sécurité.
Le chef de l’État, Ariel Henry, a publié un communiqué officiel condamnant l’enlèvement et appelant à la libération immédiate des deux journalistes. « Les journalistes sont des sentinelles de la démocratie. Leur sécurité est une priorité absolue », a-t-il affirmé, tout en soulignant que les autorités travaillaient en partenariat avec des organisations internationales pour enquêter sur les circonstances de leur disparition. Cependant, les sources locales soulignent que les forces de sécurité haïtiennes sont confrontées à des défis majeurs, notamment des carences en équipements et une coordination limitée avec les gangs opérant dans les zones urbaines.
Les parents des deux hommes, visiblement bouleversés, ont exprimé leur impuissance face à l’absence de nouvelles. « C’est un cauchemar. Chaque jour sans réponse est une épreuve insupportable », a déclaré une proche de Junior Célestin, ajoutant que les menaces contre les journalistes ne sont plus un phénomène isolé, mais un problème structurel dans un pays où la violence gangstique se propage.
L’Association haïtienne des journalistes a elle aussi réagi, qualifiant l’enlèvement de « crime contre la liberté d’expression ». Dans un communiqué, elle a appelé à une action internationale pour protéger les professionnels du journalisme et mettre un terme à l’impunité des groupes armés. Des figures emblématiques du milieu, comme l’auteure et activiste Marie France Armand, ont lancé un appel à la solidarité mondiale, en organisant des manifestations et des campagnes sur les réseaux sociaux.
Les organisations internationales, dont Reporters sans frontières, ont également exprimé leur inquiétude. Un porte-parole de l’instance a déclaré : « La liberté de la presse en Haïti est en danger. L’enlèvement de ces deux journalistes illustre l’urgence d’une intervention concertée pour rétablir un climat de sécurité. » Parallèlement, des diplomates de l’Union européenne et des États-Unis ont évoqué des pressions envers les gangs pour éviter tout acte de violence supplémentaire.
Les circonstances de l’enlèvement restent floues. Selon des témoins, les deux journalistes auraient été interceptés par un groupe d’hommes armés alors qu’ils couvraient un conflit entre gangs dans le sud-ouest de Port-au-Prince. Les autorités locales ont déclaré enquêter sur l’éventuelle implication d’autres factions criminelles, tout en affirmant que des progrès étaient en cours. Cependant, les familles demandent des réponses rapides, craignant que le silence prolongé ne signifie une issue tragique.
En attendant, la presse haïtienne continue de jouer un rôle clé dans la diffusion d’informations sur cette affaire, malgré les risques. Les collègues de Célestin et Espérance se mobilisent pour faire entendre leur voix, rappelant que la vérité doit triompher de la violence. « Nous ne baisserons pas la garde. Junior et Osnel sont des combattants pour le journalisme, et nous les défendrons jusqu’à leur retour », a affirmé un éditorialiste.
Cette situation souligne l’urgence de renforcer les protections pour les journalistes dans les zones en conflit et de lutter contre l’impunité des groupes armés. La communauté internationale est appelée à soutenir les efforts locaux pour garantir la sécurité de tous ceux qui défendent la liberté d’expression, pierre angulaire de toute société démocratique.
Rédaction Kominotek NEWS

