
Moins d’un mois avant l’expiration du mandat du Conseil Présidentiel de Transition (CPT), conformément aux dispositions de l’Accord du 3 avril 2025, le Mouvement pour la Réconciliation et la Reconstruction Nationale (MORN) et plusieurs autres regroupements politiques ont signé un protocole d’engagement visant à instaurer une transition institutionnelle originale et adaptée aux besoins de la République d’Haïti, prévue pour le 7 février 2026. Ce texte, adopté lors d’une réunion stratégique organisée le 14 janvier 2026, propose une solution innovante : un exécutif bicéphale, composé d’un président désigné par la Cour de cassation et d’un Premier ministre élu par consensus national.
Le document, intitulé « Partenaires engagés pour une solution haïtienne », met en avant l’urgence de clore le mandat du CPT sans prolongation, tout en assurant une passation ordonnée du pouvoir. Parmi les signataires figuraient le MORN, le Grand Bloc du Peuple (GBP), l’Initiative du 24 avril 2025, l’Opposition Plurielle, l’Accord Karibe, DEHFI, le Mouvement Populaire 18 Mars (MP-18), ainsi que d’autres acteurs civils. Ces entités soulignent que leur proposition, jugée « unique et cohérente », vise à éviter un vide institutionnel pouvant accentuer la crise sécuritaire et sociale actuelle.
Les résolutions adoptées lors de la réunion de janvier détaillent les modalités de cette transition. Selon les signataires, la présidence de la transition devra être occupée par un candidat issu de la Cour de cassation, garantissant ainsi un équilibre juridique et institutionnel. À défaut d’un consensus sur ce point, un nouveau mécanisme de désignation devra être mis en place. Parallèlement, un Premier ministre de consensus, chargé de former un gouvernement de sauvetage national, sera nommé après consultation obligatoire des entités politiques représentées.
Le document insiste également sur la nécessité de respecter scrupuleusement les dispositions de l’article 149 de la Constitution de 1987, fixant les critères de sélection du président de la transition. Le Premier ministre, quant à lui, devra être choisi par le président, après un dialogue approfondi avec les partis signataires, afin de garantir une représentation équitable des forces vives du pays. Une équipe technique commune, composée de représentants des signataires, sera désignée pour organiser une passation de pouvoir pacifique, assurant la continuité des services publics et la stabilité du pays.
Les partis engagés s’interdisent toute négociation bilatérale pouvant compromettre les termes du protocole, et s’engagent à défendre une position unifiée devant le peuple haïtien. Ce texte, désormais opérationnel, reste ouvert à l’adhésion d’autres forces politiques, organisations de la société civile et associations de la diaspora.
Signé à Pétion-Ville le 14 janvier 2026, le protocole a été rédigé en autant d’exemplaires qu’il y a de signataires, reflétant la diversité des groupes politiques et associations civiques impliqués.
En parallèle, le Conseil Présidentiel de Transition, dont le mandat expire le 7 février prochain, n’a pas exprimé la moindre volonté de prolongation. Selon le conseiller présidentiel Leslie Voltaire, le CPT est conscient de ses limites et s’est engagé à respecter les termes de l’accord du 4 avril 2026, facilitant ainsi le passage à une nouvelle formule de gouvernance.
Cette initiative, saluée comme une avancée historique, marque un tournant dans la résolution des tensions politiques haïtiennes, tout en ouvrant la voie à un dialogue inclusif et respectueux des institutions.
Rédaction Kominotek NEWS

