La situation sécuritaire à Mirebalais continue de se dégrader alors que la coalition Viv Ansanm étend son contrôle. Ti Jacky a été installé à l’hôtel Mirage, et le groupe a pris le contrôle du pont de Latème, limitant ainsi l’accès des forces de l’ordre vers Saut-d’Eau.
La population locale reste en état d’alerte face à l’absence de coordination entre les unités de police et les forces spécialisées déployées dans la zone. De plus, la coopération entre la police et les membres du BSAP demeure inexistante, malgré des tentatives récentes de réorganisation du commandement à Belladère.
Des habitants de Mirebalais estiment que ces représailles sont liées à la décision du Magistrat Lochard Laguerre de bloquer la route menant à Morne-à-Cabri, où plusieurs points de péage ont été établis par les gangs. Cette fermeture aurait conduit à l’invasion de Mirebalais par des groupes armés. Dans la nuit du 1er avril, ces derniers ont progressé en direction de Belladère afin d’exiger la reprise du trafic des véhicules. Un de leurs tracteurs est tombé en panne à Péligre.
À Belladère, la gestion de la crise par le délégué Frédérique Océan est vivement critiquée par la population, qui lui reproche de n’avoir pris aucune mesure stratégique malgré des alertes répétées sur la menace grandissante.
Cette escalade de violence s’inscrit dans un contexte de trafic d’armes en pleine expansion. En septembre 2023, un chargement attribué à IZO avait été saisi à Mirebalais et Saut-d’Eau. Le chef de gang IZO a publiquement revendiqué une série d’attaques en représailles, déclarant que ses hommes avaient pris d’assaut la ville, incendié le sous-commissariat et pillé des habitations. Il accuse un groupe armé d’avoir intercepté un convoi transportant des armes vers Village-de-Dieu et les avoir redirigées vers Saut-d’Eau.
Plus récemment, des conteneurs d’armes sont passés par la République dominicaine avant d’atteindre Haïti, entraînant plusieurs arrestations. Dimanche dernier, Schiller, un individu recherché dans cette affaire, a pris la fuite.
Face à cette montée de l’insécurité, la population attend une réponse rapide et efficace des autorités. Elle se dit prête à coopérer avec la police, mais le manque d’organisation et de leadership au sein des forces de l’ordre, tant au niveau communal que départemental, suscite de sérieuses inquiétudes quant à leur capacité à rétablir la sécurité.
Rédaction Kominotek NEWS