
Le 22 juin 2025, dans la ville de Maracay (État d’Aragua, Venezuela), Gabriel Jesús Sarmiento Rodríguez, un influenceur TikTok de 25 ans comptant près de 80 000 abonnés, a été abattu en direct depuis son domicile, au cours d’une vidéo livestream.
Quelques instants avant son assassinat, Sarmiento avait publié plusieurs vidéos accusant des responsables politiques, dont le ministre de l’Intérieur Diosdado Cabello et la gouverneure d’Aragua Johana Sánchez, de connivence avec des gangs criminels. Il affirmait également avoir été extorqué par la police et les gangs Tren de Aragua et Tren del Llano, désignés comme organisations terroristes par les États-Unis.
La diffusion a brutalement capté deux hommes armés s’introduisant dans sa maison. Sarmiento a reçu neuf balles et est décédé sur place. Sa mère, présente lors du drame, a été touchée au ventre, mais a survécu. Le livestream s’est interrompu après les premières détonations, alors que le jeune homme appelait à l’aide en mentionnant son adresse et implorait le service de renseignement vénézuélien (SEBIN).
Le ministre public Tarek William Saab a annoncé l’ouverture d’une enquête confiée à la 69ᵉ Fiscalía contre la criminalité organisée. Les enquêteurs pourront exploiter le livestream, qui a filmé les visages des assaillants, pour tenter de les identifier.
Sarmiento était un créateur engagé, connu pour dénoncer la corruption policière, les liens entre gangs et autorités, et les extorsions dont il était victime. Cet assassinat en direct illustre la perte de repères sécuritaires, mais aussi la vulnérabilité accrue des voix critiques au Venezuela. Il s’inscrit dans une série de violences similaires en Amérique latine, visant des influenceurs et militants .
La mort de Gabriel Jesús Sarmiento rappelle tragiquement les risques encourus par les voix dissidentes dans un environnement miné par les mafias et la corruption. L’enquête lancée par les autorités vénézuéliennes vise à traduire les responsables en justice, mais la diffusion extrême de cette violence laisse la société confrontée à la brutalité qui s’exerce, même en temps réel.
Source : Le Placentin
Rédaction Kominotek NEWS

