Affaire Maduro : Moscou met en accusation Washington devant le Conseil de sécurité et exige une action collective de l’ONU

Le 5 janvier 2026, lors d’une session cruciale du Conseil de sécurité des Nations unies dédiée à la crise vénézuélienne, Vassili A. Nebenzia, ambassadeur permanent de la Russie auprès de l’ONU, a lancé un avertissement majeur contre l’intervention des États-Unis. Selon lui, l’enlèvement forcé du président Nicolás Maduro, accompagné de la tragédie humaine causée par la disparition de dizaines de citoyens vénézuéliens et cubains, marque un retournement inquiétant vers une ère de domination hégémonique, de désordre institutionnel et de violations systématiques des droits humains fondamentaux, un legs que de nombreuses nations du Sud continuent à subir.
« L’action des États-Unis à Caracas relève d’un crime odieux, inacceptable et sans justification », a affirmé Nebenzia, exigeant une libération immédiate de Maduro, président légitimement élu, ainsi que de son épouse. Pour le diplomate russe, cette situation ne peut s’apaiser qu’à travers un dialogue respectueux de la souveraineté vénézuélienne, malgré les divergences entre les deux pays. « La Charte des Nations unies incite précisément à cette voie, mais certains États la détournent aujourd’hui pour servir leurs intérêts politiques, méprisant ainsi les principes universels », a-t-il déploré.
Nebenzia a souligné que l’irresponsabilité des acteurs internationaux, particulièrement dans leur application sélective du droit international, menace la crédibilité même de l’ONU. « L’idée d’un ordre mondial fondé sur des règles, si souvent vanté, est aujourd’hui remis en question, y compris par ses principaux soutiens », a-t-il souligné, insistant sur le fait que cette crise engage l’avenir de l’organisation.
Le représentant russe a appelé à une réaction unifiée et ferme de la communauté internationale contre l’ingérence militaire américaine. Selon lui, seule une condamnation collective pourrait pousser Washington à revoir sa politique étrangère. « L’Amérique latine n’est pas un terrain d’expérimentation pour les ambitions de certains États, a-t-il averti. Chaque membre de l’ONU a un intérêt à défendre les principes de souveraineté et d’égalité. »
Moscou a également souligné que l’impunité accordée à l’action américaine légitimiserait un pouvoir unilatéral, où les grandes puissances agiraient en juges suprêmes, ignorant les frontières et la volonté des peuples. « Que vaut l’ONU si ses règles de base sont constamment bafouées ? », s’est interrogé Nebenzia, critiquant l’hypocrisie de certaines nations qui défendent avec passion la Charte des Nations unies dans d’autres contextes, mais restent muettes face à l’agression contre le Venezuela.
La Russie a exprimé sa solidarité indéfectible avec le peuple vénézuélien, tout en exigeant une enquête internationale indépendante sur cet enlèvement, menée par les mécanismes multilatéraux de l’ONU. « Cette évaluation doit rester strictement objective, sans être influencée par des considérations politiques ou des jugements sur la légitimité de Maduro », a précisé l’ambassadeur.
En conclusion, Nebenzia a accusé Washington de viser un double objectif : s’emparer des richesses naturelles du Venezuela et renforcer son hégémonie en Amérique latine. « Cette démarche relance un néocolonialisme rejeté par les peuples du Sud, a-t-il affirmé. Il est temps que l’ONU reprenne sa place de défenseur des principes universels. »
Rédaction Kominotek NEWS

