Affaire Jovenel Moïse : Et si la lenteur judiciaire était le meilleur allié des coupables ?
La Cour d’appel de Port-au-Prince a une fois de plus suspendu, ce lundi 13 janvier 2025, l’audience concernant l’assassinat de l’ancien président Jovenel Moïse, un crime qui a marqué l’histoire d’Haïti. Cette nouvelle suspension, justifiée par le manque de temps pour traiter l’ensemble des dossiers, repousse la reprise au lundi 20 janvier.
Parmi les accusés présents figuraient 17 ex-militaires colombiens, Félix Badio et Macky Kessa, tous accompagnés de leurs avocats. La Cour, désormais composée des juges Emmanuel Lacroix, Fremond Damessi et Denis Cyprien, a été formée pour statuer sur l’appel interjeté à la suite de l’ordonnance rendue par le juge d’instruction Walther Wesser Voltaire. Ce changement intervient après le retrait de la juge Denise Papillon, ce qui ajoute une nouvelle couche d’incertitude à une affaire déjà marquée par des retards répétés et des complications judiciaires.
Un jeu d’obstacles : justice ou stratégie dilatoire ?
Ce report s’ajoute à une longue liste de délais dans une affaire aussi cruciale pour la nation et la famille Moïse. Depuis l’assassinat tragique de Jovenel Moïse en juillet 2021, le dossier semble piétiner. À chaque report ou changement de juge, les doutes grandissent : ces lenteurs sont-elles le fruit de l’incompétence ou une stratégie délibérée visant à enterrer la vérité ?
Il est légitime de s’interroger. Comment un crime d’une telle importance nationale, impliquant 51 personnes, dont des figures politiques influentes, peut-il faire face à une telle absence de progrès ? Chaque suspension prolonge le deuil de la famille Moïse, déjà meurtrie par l’absence de réponses. Elle envoie également un signal inquiétant : l’impunité pourrait triompher face à un acte aussi odieux.
Ces retards incessants pourraient être perçus comme une tactique sournoise visant à décourager les demandes de justice. En reportant encore et encore, l’intérêt public s’érode, la pression diminue et, avec le temps, le dossier pourrait sombrer dans l’oubli. Cette lenteur pourrait-elle être orchestrée pour protéger des intérêts cachés ?
Alors que le peuple haïtien attend des réponses et une justice exemplaire, cette affaire met en lumière les failles du système judiciaire et soulève des inquiétudes profondes. Une chose est sûre : les délais incessants ne font qu’ajouter à l’ombre qui plane sur ce drame national.
Rédaction Kominotek News