À l’approche de l’expiration du mandat du CPT, Me Dayana Clauvil insiste sur la nécessité d’un accord national

Alors que le Conseil présidentiel de transition (CPT), créé en 2024, arrive à son terme le 7 février 2026, l’avocate et militante Dayana Clauvil souligne l’urgence de parvenir à un consensus national face au manque de progrès dans la restauration d’un pouvoir légitime. Le CPT, fruit d’un accord politique entre les partis et les mouvements sociaux, n’a pas réussi à accomplir son mandat initial : établir un cadre permettant de rétablir la gouvernance, de stabiliser la sécurité et de préparer les élections.
Port-au-Prince, le 12 janvier 2026. Dans une déclaration récente, Me Clauvil rappelle que le CPT n’est pas un organe constitutionnel mais une institution provisoire née d’un compromis, le 3 avril 2024, après la chute du premier ministre Ariel Henry. Ce dispositif devait permettre de créer un « gouvernance d’urgence » mais a échoué à répondre aux défis majeurs du pays, comme la montée de la violence, l’affaiblissement des institutions et l’absence d’un calendrier électoral clair. « Ce blocage est le résultat d’un échec collectif de la classe politique haïtienne », affirme-t-elle, pointant un « manque chronique de vision » et une priorité accordée aux intérêts partisans au détriment des besoins de la population.
La militante critique également les acteurs politiques qui, selon elle, ont transformé la transition en un « instrument de luttes de pouvoir éternelles ». « Au lieu de chercher un accord national, certains préfèrent prolonger l’incertitude pour protéger leurs intérêts. Le CPT est la preuve la plus récente de cette stagnation », dénonce-t-elle. Elle souligne ainsi le danger d’un scénario post-7 février : soit un vide institutionnel majeur, soit la prolongation du CPT sans consensus, ce qui renforcerait le mépris des citoyens envers un pouvoir perçu comme illégitime.
Pour Me Clauvil, la solution réside dans un « accord national inclusif », impliquant non seulement les partis politiques, mais aussi les mouvements citoyens, les organisations de la société civile et les secteurs économiques. « Ce n’est pas un arrangement entre élites, mais une réforme profonde nécessitant la participation de tous les Haïtiens », précise-t-elle. Ce pacte doit définir un cadre clair pour la période transitoire, fixer des priorités concrètes et établir un calendrier réaliste pour le retour à l’ordre constitutionnel.
« Le 7 février ne doit pas devenir un symbole d’échec supplémentaire », insiste l’avocate. Elle appelle à un « sursaut de lucidité » pour éviter des solutions improvisées ou des compromis dictés par la peur. « Le peuple haïtien mérite des dirigeants qui défendent l’intérêt général, pas des négociations de circonstance », ajoute-t-elle.
En conclusion, Me Clauvil met en garde contre les acteurs qui, par lâche ou calcul, prolongeraient l’impasse. « Ils paieront le prix de leur irresponsabilité, tandis que ceux qui choisiront la paix et la justice seront salués par l’histoire », conclut-elle, exigeant un engagement collectif pour sortir le pays de la crise.
Rédaction Kominotek NEWS

