Affaire du Manzanares : Marc Antoine Acra et quatre autres inculpés renvoyés devant le tribunal criminel

Par une décision rendue le 26 octobre 2026, la Cour d’appel a ordonné le renvoi de Marc Antoine Acra et de quatre autres inculpés devant le tribunal criminel sans assistance de jury dans le cadre de l’affaire de saisie de stupéfiants à bord du navire Manzanares. La juridiction demande également au parquet d’examiner la possibilité d’engager des poursuites contre d’autres personnes et entreprises susceptibles d’être liées aux opérations de commande, de chargement, de transport et de déchargement de la cargaison.
Cette décision intervient alors que les résultats de la commission rogatoire internationale ne sont pas encore disponibles. Plusieurs aspects du dossier restent donc à éclaircir avant que la justice ne se prononce sur les responsabilités pénales éventuelles.
L’affaire remonte à avril 2015, lorsque la Brigade de lutte contre le trafic de stupéfiants (BLTS) a découvert 108 kilos de cocaïne et 15 kilos d’héroïne à bord du Manzanares. Le cargo avait été affrété pour transporter 6 500 tonnes métriques de sucre, réparties en 190 190 sacs de 25 et 50 kilos portant la marque Incauca.
Selon les éléments du dossier, la commande aurait été passée en février 2015 par la société Nabatco auprès de l’entreprise colombienne Azucares y Mieles. Le chargement aurait ensuite été effectué au port de Buenaventura, en Colombie, entre le 9 et le 22 mars 2015, par la Sociedad Portuaria Regional de Buenaventura. Le dossier indique également que WSS Insurance, la compagnie d’assurance de Nabatco, était chargée de surveiller la conformité et la qualité du chargement à bord du navire, propriété de Navesco. Les membres de l’équipage auraient, quant à eux, été recrutés par une agence dénommée Ibernor.
Alertée le 6 avril 2015, la BLTS a entrepris des vérifications qui ont conduit, entre le 12 et le 23 avril, à la découverte des stupéfiants par des agents de la brigade canine et des policiers spécialisés. D’après le dossier, la drogue aurait été dissimulée dans des assiettes en mousse placées dans les escaliers de la cale numéro 2. Le rapport mentionne également que ces objets auraient été introduits dans le port à bord d’un véhicule portant l’inscription « Seguridad Portuaria de Buenaventura ».
Les enquêteurs ont par ailleurs relevé une interruption de trois jours pendant les opérations de chargement, attribuée à une rupture de stock. Certains éléments les auraient aussi amenés à envisager qu’une partie de la drogue ait pu être retirée avant l’intervention de la BLTS. Cette hypothèse doit toutefois être distinguée des quantités effectivement saisies et consignées dans le procès-verbal.
L’examen de 17 passeports a permis d’identifier plusieurs nationalités parmi les personnes concernées par l’enquête, notamment six Péruviens, cinq Honduriens, un Colombien et un Panaméen. Le dossier mentionne également un séjour de Sébastien Acra en Colombie du 18 au 22 février 2015. Cet élément figure parmi les informations recueillies par les enquêteurs, mais ne suffit pas, à lui seul, à établir une participation au trafic de stupéfiants.
En ordonnant le renvoi des cinq inculpés devant le tribunal criminel sans assistance de jury, la Cour d’appel marque une nouvelle étape dans cette procédure judiciaire. Elle demande parallèlement au parquet d’évaluer d’éventuelles poursuites contre d’autres personnes et entreprises liées aux différentes étapes de l’acheminement de la cargaison. L’absence des résultats de la commission rogatoire internationale laisse néanmoins certaines questions en suspens. Le procès devra permettre à la justice d’examiner les charges retenues contre les inculpés et de déterminer les éventuelles responsabilités pénales, dans le respect de la présomption d’innocence.
Rédaction Kominotek NEWS

