Haïti : Nayib Bukele voudrait renforcer le contingent salvadorien et accroître son autonomie opérationnelle

Le président salvadorien, Nayib Bukele, chercherait à renforcer la présence militaire de son pays en Haïti et à accorder davantage d’autonomie opérationnelle à ses soldats, alors que quatre techniciens de l’aviation salvadoriens restent portés disparus depuis une embuscade survenue le 18 octobre à Santo, dans la commune de Croix-des-Bouquets.
Selon le Miami Herald, Nayib Bukele souhaiterait que les militaires salvadoriens déployés en Haïti puissent mener leurs opérations indépendamment de la Force de répression des gangs (FRG), sous l’autorité directe de leur commandant sur le terrain. Cette orientation n’a toutefois pas fait l’objet d’une annonce officielle précisant les modalités de commandement envisagées.
Les effectifs salvadoriens auraient augmenté ces derniers jours. Le Miami Herald rapportait qu’environ 450 militaires étaient présents en Haïti le samedi 24 octobre, avec de nouvelles arrivées attendues. De son côté, l’agence Reuters a indiqué, mardi 27 octobre, qu’environ 1 000 soldats salvadoriens auraient été envoyés récemment dans le pays, citant un responsable de la sécurité. Le commandement de ce contingent supplémentaire et la durée de son déploiement restent cependant incertains.
Les quatre techniciens ont disparu le dimanche 18 octobre après une attaque à Santo. D’après les autorités salvadoriennes, ils revenaient d’un supermarché à bord d’un véhicule blindé lorsque celui-ci a été pris pour cible, puis incendié. Les Forces armées salvadoriennes ont affirmé que les hommes avaient réussi à sortir du véhicule avant qu’il ne prenne feu. Déployés dans le cadre de la FRG, autorisée par le Conseil de sécurité des Nations unies, les militaires font toujours l’objet de recherches. Selon le Miami Herald, des forces salvadoriennes et la Police nationale d’Haïti ont mené une opération conjointe lundi 26 octobre dans le secteur de Bon Repos afin de tenter de retrouver les disparus.
Le sort des quatre techniciens demeure inconnu. Des responsables de gangs ont affirmé qu’ils étaient morts, tandis que des restes humains ont été récupérés. Toutefois, leur remise aux forces engagées ne permet pas, à elle seule, de confirmer qu’il s’agit des militaires disparus.
Le président Nayib Bukele a contesté l’identification des dépouilles, affirmant qu’elles ne correspondaient pas à ses hommes. La FRG a également déclaré ne pas être en mesure de confirmer que les restes retrouvés étaient ceux des quatre techniciens. Plus d’une semaine après l’embuscade, aucune confirmation définitive sur leur sort n’a donc été établie. Dans le même temps, les effectifs salvadoriens déployés en Haïti continueraient d’augmenter, sur fond d’interrogations concernant leur autonomie opérationnelle au sein du dispositif international.
Rédaction Kominotek NEWS

