
Le Conseil de sécurité des Nations Unies exprime ses préoccupations face aux informations faisant état de malversations, d’abus de confiance et de détournements de fonds publics en Haïti. Dans sa résolution 2831 (2026), adoptée le 14 octobre lors de sa 10 241e séance, l’instance estime que ces pratiques représentent un risque direct pour la paix, la sécurité et la stabilité du pays.
Le texte prévoit également la possibilité de sanctions ciblées contre des personnes impliquées dans des activités criminelles, des violences liées aux groupes armés ou des réseaux criminels, ainsi que dans certaines activités illicites liées aux ressources naturelles.
Dans sa résolution, le Conseil de sécurité rappelle que les personnes participant directement ou indirectement à des activités criminelles ou à des violences impliquant des groupes armés et des réseaux criminels pourraient être visées par des mesures restrictives. Celles-ci comprennent notamment le gel des avoirs et les interdictions de voyager. Le Conseil précise également que les personnes contribuant à la déstabilisation d’Haïti par l’exploitation ou le commerce illicite de ressources naturelles pourraient faire l’objet de sanctions.
La résolution renouvelle pour une année supplémentaire les mesures de sanctions applicables à Haïti, notamment l’interdiction de voyager, le gel des avoirs et l’embargo sur les armes. Le mandat du Groupe d’experts chargé de surveiller l’application de ce régime est, pour sa part, prolongé de 13 mois. Un rapport intermédiaire est attendu au plus tard le 28 mars 2027, tandis que le rapport final devra être présenté avant le 1er septembre 2027. Ces dispositions visent à maintenir la surveillance internationale de l’application des sanctions et à suivre l’évolution des activités susceptibles de menacer la stabilité du pays.
Le Conseil de sécurité demande également aux autorités haïtiennes de renforcer la gestion des armes et des munitions de la Police nationale d’Haïti (PNH) et des Forces armées d’Haïti (FAd’H). Les mesures recommandées concernent notamment le marquage, l’enregistrement et le stockage des armes et des munitions. Les autorités sont aussi appelées à présenter chaque année un bilan des progrès réalisés dans ce domaine.
Ce renforcement des exigences intervient dans un contexte marqué par la persistance des trafics d’armes en Haïti. Le Groupe d’experts des Nations Unies a récemment documenté ces trafics ainsi que des liens présumés entre certains acteurs politiques et économiques et des groupes armés. À travers cette résolution, le Conseil de sécurité maintient donc la pression sur les réseaux susceptibles d’alimenter l’insécurité et appelle les autorités haïtiennes à améliorer les mécanismes de contrôle des armes, tout en renforçant la transparence dans leur gestion.
Rédaction Kominotek NEWS

