États-Unis : Washington menace la CPI de nouvelles sanctions, la Cour dénonce une attaque contre l’État de droit

Les tensions entre l’administration de Donald Trump et la Cour pénale internationale (CPI) s’intensifient. Vendredi 9 octobre 2026, les États-Unis ont annoncé de nouvelles mesures visant à restreindre certaines transactions financières avec la juridiction internationale, accusée par Washington de menacer la souveraineté américaine. En réaction, la CPI a dénoncé une « attaque contre l’État de droit » et contre les fondements de l’ordre juridique international.
Cette annonce intervient le jour où Navi Pillay, ancienne juge sud-africaine, a reçu le prix Nobel de la paix, notamment pour son engagement en faveur du droit international.
Selon RFI, le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, a annoncé des mesures destinées à limiter les transactions financières avec la Cour, dans le but de réduire ses ressources et sa capacité opérationnelle. Leur entrée en vigueur est prévue dans un délai de 180 jours, sauf si un accord est conclu entre les parties. Certaines activités demeurent toutefois exemptées, notamment celles liées aux logiciels, aux services infonuagiques et au système de retraite de la juridiction. L’administration américaine affirme avoir privilégié une solution diplomatique pour répondre à ses préoccupations, mais estime ne pas avoir obtenu de réponse satisfaisante de la part de la Cour.
Face aux mesures annoncées, la CPI a assuré qu’elle continuerait à exercer ses fonctions de manière indépendante et impartiale, conformément au droit applicable et aux éléments de preuve disponibles. Sa présidente, Tomoko Akane, a appelé les 125 États membres à défendre l’institution face à ce qu’elle considère comme une tentative d’intimidation susceptible de perturber son fonctionnement. La Cour souligne ainsi sa volonté de poursuivre ses travaux malgré les pressions américaines et les menaces pesant sur ses ressources.
Le Premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, a salué l’initiative de Washington, qualifiant la CPI d’entité politique plutôt que judiciaire. Il est lui-même visé depuis 2024 par un mandat d’arrêt délivré par la Cour pour des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité présumés dans la bande de Gaza. Le dirigeant israélien a également vivement critiqué Navi Pillay. L’ancienne juge sud-africaine a dirigé une commission d’enquête des Nations unies qui a conclu en 2025 qu’Israël commettait un génocide dans le territoire palestinien. Ces conclusions s’inscrivent dans un contexte de fortes contestations internationales autour de la guerre à Gaza et des responsabilités présumées des différentes parties.
Sur la scène internationale, les ministres des Affaires étrangères du Canada, du Danemark, de l’Allemagne, de la France, de l’Italie, du Japon, des Pays-Bas et du Royaume-Uni ont exprimé leur soutien à la CPI. Ils ont réaffirmé leur attachement à l’indépendance, à l’impartialité et à l’intégrité de la juridiction internationale. Le Premier ministre néerlandais, Rob Jetten, a pour sa part qualifié les sanctions de « profondément regrettables ». Il a toutefois estimé que le délai de six mois avant leur entrée en vigueur pouvait encore permettre la poursuite du dialogue avec Washington.
Alors que les États-Unis cherchent à exercer une pression financière sur la Cour, les réactions internationales témoignent des divergences persistantes autour du rôle de la justice pénale internationale et de son indépendance face aux grandes puissances.
Rédaction Kominotek NEWS

