Washington préparerait de nouvelles sanctions contre la CPI sur fond de tensions avec Israël

L’administration de Donald Trump envisagerait de nouvelles mesures contre la Cour pénale internationale (CPI), en réaction notamment aux mandats d’arrêt délivrés contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et son ancien ministre de la Défense, Yoav Gallant. Selon le Wall Street Journal, qui cite des documents et des responsables américains, Washington pourrait annoncer ces sanctions dans les prochains jours.
Parmi les mesures envisagées figurerait une interdiction portant sur la majorité des transactions avec la CPI. Une telle décision priverait notamment la Cour de la possibilité d’effectuer des opérations en dollars américains et limiterait son accès à une partie du système financier international. D’après le quotidien américain, la mesure pourrait être finalisée dès cette semaine, alors que se tient la réunion de l’Assemblée générale des Nations unies.
La perspective de nouvelles sanctions intervient après plusieurs mesures déjà prises par les États-Unis contre des responsables de la CPI. En août, le secrétaire d’État américain Marco Rubio avait affiché une position particulièrement ferme à l’égard de l’institution, affirmant que les États-Unis étaient prêts à la démanteler « brique par brique » si nécessaire.
Cette déclaration faisait suite à une nouvelle série de sanctions américaines visant notamment la présidente de la CPI, la Japonaise Tomoko Akane, ainsi qu’un de ses procureurs, le Sénégalais Abdoulaye Seye. Avec ces nouvelles mesures, le nombre de responsables de la Cour visés par les sanctions américaines aurait atteint 13, parmi lesquels la moitié des juges de l’institution, dont la Canadienne Kimberly Prost.
Les tensions entre Washington et la CPI se sont fortement aggravées après l’émission, en novembre 2024, de mandats d’arrêt contre Benjamin Netanyahu et Yoav Gallant. La Cour les accuse de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité en lien avec la conduite du conflit à Gaza. Selon les accusations formulées par le tribunal, les deux responsables auraient notamment contribué au blocage de l’aide humanitaire destinée à l’enclave palestinienne afin de faire pression sur le Hamas. Ces mandats ont provoqué une vive réaction de la part d’Israël et ont contribué à détériorer davantage les relations entre la CPI et l’administration américaine.
Face aux mesures américaines déjà prises et à la perspective de nouvelles sanctions, plusieurs des principaux soutiens de la Cour ont annoncé leur volonté de la protéger. Les pays européens ainsi que le Japon ont notamment exprimé leur soutien à la CPI. Ils n’ont toutefois pas encore détaillé les mesures qu’ils pourraient prendre pour répondre aux sanctions américaines ou pour préserver les activités de l’institution.
Si les nouvelles restrictions envisagées par Washington sont effectivement adoptées, elles pourraient ainsi accentuer les tensions entre les États-Unis et la CPI, tout en plaçant ses principaux alliés face à la nécessité de préciser leur soutien à la Cour.
Rédaction Kominotek NEWS

