
Une conférence de presse a été organisée dimanche dernier à Port-au-Prince pour réclamer la libération immédiate du Dr Resiliac Jean Samuel, médecin détenu depuis un mois à la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ). Les médecins et les acteurs du secteur de la santé présents à cette conférence ont dénoncé une détention qu’ils considèrent comme arbitraire et exprimé leur inquiétude face à la dégradation de l’état de santé du Dr Jean Samuel.
Le Dr Jean Samuel est soupçonné d’avoir prodigué des soins à des membres de groupes armés opérant dans le département de l’Artibonite. Cependant, les intervenants estiment que ces accusations ne justifient pas son incarcération, car le serment médical oblige tout médecin à soigner toute personne nécessitant une prise en charge, sans distinction d’identité ou d’appartenance. « Soigner n’est pas un crime », ont affirmé plusieurs participants, soulignant que poursuivre un médecin pour avoir exercé sa profession constitue une atteinte aux principes fondamentaux de l’éthique médicale.
La Dre Dubreus Nosterline a exprimé sa vive préoccupation concernant l’état de santé du Dr Jean Samuel, appelant les autorités à agir rapidement pour mettre fin à cette détention arbitraire. Le Dr James-Son Cadet a estimé que l’État devrait protéger les professionnels de santé qui travaillent dans les zones sous contrôle de groupes armés, plutôt que de les criminaliser. Il a rappelé que le Dr Jean Samuel est médecin résident à l’Hôpital Claire Heureuse de Marchand-Dessalines, dans l’Artibonite, et qu’il était revenu des États-Unis pour servir en Haïti avant son arrestation.
Fabiola Musac a dénoncé un signal négatif envoyé aux jeunes médecins qui choisissent d’exercer dans le pays, soulignant que les violences policières contre des étudiants en médecine qui réclamaient la réouverture de l’Hôpital de l’Université d’État d’Haïti sont inacceptables. Les intervenants ont rappelé que l’Hôpital Claire Heureuse est situé dans une zone où opèrent les groupes armés Kokorat San Ras et Gran Grif, et que les médecins y sont souvent contraints de soigner toutes les personnes blessées afin de préserver leur propre sécurité.
À l’issue de la conférence, les professionnels de santé ont demandé le respect de l’État de droit et des garanties judiciaires, réclamant la libération du Dr Jean Samuel et appelant les autorités à mieux protéger les personnels de santé confrontés à l’insécurité. La communauté médicale haïtienne attend avec impatience une réponse positive des autorités, car la détention du Dr Jean Samuel est perçue comme une atteinte à la liberté et à la sécurité des professionnels de santé dans le pays.
Rédaction Kominotek NEWS

