POLITIQUE

Assassinat de Jovenel Moïse : les révélations explosives de John Joël Joseph au tribunal

Le procès lié à l’assassinat du président Jovenel Moïse continue de livrer des révélations troublantes devant la justice fédérale américaine, en Floride. Au cœur des audiences cette semaine : le témoignage de John Joël Joseph, devenu témoin clé du gouvernement après avoir plaidé coupable et été condamné à la prison à vie en 2023.

Pendant plusieurs jours, l’ancien parlementaire a détaillé les coulisses d’un complot aux ramifications complexes, mêlant acteurs politiques, anciens militaires et sociétés de sécurité. Son témoignage met en lumière le rôle central de figures comme Joseph Félix Badio, accusé d’avoir participé activement à la logistique du plan, notamment en fournissant de faux équipements censés simuler une opération officielle américaine.

Selon ses déclarations, plusieurs scénarios ont été envisagés avant le passage à l’acte. L’un d’eux consistait à capturer le président et à le contraindre à démissionner, notamment à travers une tentative de manipulation lors d’une visite privée. Un autre plan prévoyait son interception à son retour de voyage à l’étranger. Mais au fil des réunions, ces options ont progressivement laissé place à une stratégie beaucoup plus radicale.

Christian Emmanuel Sanon, présenté comme un potentiel successeur, apparaît également dans les échanges décrits par le témoin. Toutefois, des divergences internes auraient rapidement émergé quant à son rôle et à sa capacité à diriger le pays. À l’inverse, le nom de Windelle Coq Thélot aurait été avancé comme alternative pour assurer la transition politique.

Le récit de John Joël Joseph révèle également l’implication présumée de la société de sécurité Counter Terrorist Unit (CTU), qui aurait recruté des ex-militaires colombiens et promis des moyens logistiques importants pour mener à bien l’opération. Il affirme toutefois que le commandement opérationnel sur le terrain revenait à James Solages.

La nuit du 6 au 7 juillet 2021 marque un tournant décisif. D’après le témoin, le plan initial aurait été modifié à la dernière minute pour inclure l’élimination physique du président. Une décision qui, selon lui, l’a profondément choqué. Il affirme avoir exprimé son opposition, insistant sur une solution visant à écarter le chef de l’État du pouvoir sans attenter à sa vie.

Malgré ses réserves, l’opération a été menée. Informé des tirs à la résidence présidentielle, John Joël Joseph dit avoir tenté, en vain, de dissuader les exécutants de poursuivre. Il affirme également qu’aucun plan clair n’avait été établi pour gérer les conséquences immédiates de la mort du président, notamment en ce qui concerne la succession au pouvoir.

Au lendemain du drame, il dit avoir refusé de soutenir toute tentative précipitée d’installation d’un nouveau dirigeant, estimant qu’une telle démarche aggraverait la crise politique déjà profonde que traversait le pays.

Alors que le procès se poursuit, ces révélations apportent un éclairage supplémentaire sur les mécanismes internes du complot, sans pour autant lever toutes les zones d’ombre. D’autres témoins sont attendus à la barre, dont Rodolph Jaar, dont le témoignage pourrait contribuer à approfondir la compréhension de cette affaire aux multiples ramifications.

Plus de quatre ans après les faits, la quête de vérité autour de l’assassinat de Jovenel Moïse se poursuit, entre témoignages accablants, contradictions et attentes persistantes de justice.

Rédaction Kominotek NEWS

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