
Le processus électoral haïtien connaît un nouveau ralentissement. Le Conseil électoral provisoire (CEP) a annoncé le report des opérations d’inscription des électeurs et d’enregistrement des candidats, initialement prévues pour le début du mois d’avril. Une décision qui intervient dans un contexte de désaccords marqués avec la Primature et qui soulève de nouvelles inquiétudes quant à l’organisation des prochaines élections.
Dans une note rendue publique le 8 avril, le CEP explique ce report par la nécessité d’ajuster le décret électoral du 1er décembre 2025 aux dispositions du Pacte national pour la stabilité et l’organisation des élections. Cette phase d’harmonisation, jugée essentielle par l’institution, retarde ainsi le lancement des opérations électorales, sans qu’un nouveau calendrier ne soit encore communiqué.
Cependant, au-delà des aspects techniques, la situation révèle des divergences profondes entre le CEP et le pouvoir exécutif. Moins de 24 heures après cette annonce, une réunion organisée à la Villa d’Accueil entre les membres du Conseil et des représentants de la Primature, dirigée par Alix Didier Fils-Aimé, s’est déroulée dans une atmosphère particulièrement tendue.
Selon plusieurs sources, l’exécutif plaide pour une révision complète du calendrier électoral, avec des scrutins envisagés pour l’année prochaine. Il aurait également proposé une réduction du budget alloué aux élections, une suggestion qui ne fait pas l’unanimité au sein de l’organe électoral. Les échanges ont été décrits comme fermes, certains responsables gouvernementaux rappelant aux conseillers électoraux leurs responsabilités dans la conduite du processus.
Parallèlement, des pressions politiques s’exerceraient en coulisses pour modifier la composition du CEP. Des groupes proches du pouvoir seraient favorables à un remaniement de l’institution, une perspective qui suscite des préoccupations quant à son indépendance.
Face à ces tensions, le CEP réaffirme sa volonté de garantir un processus électoral conforme aux principes démocratiques, notamment en matière de transparence, d’impartialité et d’inclusion. Néanmoins, l’absence de consensus avec l’exécutif et l’environnement politique actuel fragilisent davantage un calendrier déjà incertain.
Dans un pays confronté à de multiples défis institutionnels, ces divergences autour de l’organisation des élections relancent le débat sur la crédibilité du processus électoral et la capacité des institutions à garantir un scrutin équitable.

