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Transport en Haïti : entre tarifs officiels et réalité imposée par l’insécurité

L’ajustement des tarifs du transport public annoncé par les autorités haïtiennes peine à se traduire concrètement sur le terrain. Malgré l’entrée en vigueur de nouvelles grilles tarifaires, censées encadrer les coûts après la hausse du carburant, la situation reste largement influencée par l’insécurité persistante et les pratiques illégales sur les axes routiers.

Dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince, plusieurs trajets ont été officiellement révisés. Les liaisons vers Carrefour, Bon Repos, Croix-des-Bouquets ou encore Pétion-Ville sont désormais fixées à 75 gourdes, tandis que certains parcours urbains, notamment vers Delmas 65, Canapé-Vert ou l’aéroport, restent à 50 gourdes. Les trajets plus longs connaissent des hausses plus importantes, atteignant 115 gourdes pour Cabaret, 180 pour Arcahaie et jusqu’à 240 gourdes pour Kenscoff. En province, les tarifs varient fortement, allant de 750 gourdes pour Saint-Marc à plus de 3 000 gourdes pour des destinations comme Jérémie ou Port-de-Paix.

Cependant, ces montants officiels sont loin de refléter la réalité quotidienne des transporteurs et des usagers. Sur de nombreux axes, des groupes armés imposent des péages informels qui alourdissent considérablement les coûts. Ces prélèvements, exigés à plusieurs points d’un même trajet, peuvent représenter des sommes importantes, tant pour les véhicules de transport public que pour les camions de marchandises.

Confrontés à ces charges supplémentaires, les chauffeurs n’ont d’autre choix que de répercuter les coûts sur les passagers. Résultat : les prix réellement pratiqués dépassent souvent les plafonds fixés par les autorités, creusant un écart significatif entre la réglementation et la pratique.

Cette situation met en évidence les limites de l’action publique dans un contexte marqué par l’insécurité. En fixant des tarifs sans prendre en compte les contraintes imposées sur le terrain, l’État se heurte à une réalité parallèle où les règles économiques sont dictées par des acteurs informels.

Ainsi, malgré les efforts de régulation, le transport en Haïti reste soumis à une double pression : celle des décisions officielles et celle des coûts imposés par l’insécurité, qui continuent de peser lourdement sur les usagers.

Rédaction Kominotek NEWS

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