Lula et Petro dénoncent les limites de l’ONU et appellent à une réforme du système international

Les présidents Luiz Inácio Lula da Silva du Brésil et Gustavo Petro de la Colombie ont vivement critiqué le fonctionnement actuel de Organisation des Nations unies (ONU), à l’occasion d’une réunion CELAC-Afrique tenue dans la capitale colombienne. Les deux dirigeants ont exprimé leurs préoccupations face à ce qu’ils considèrent comme une incapacité croissante de l’organisation à prévenir et gérer les conflits internationaux.
Prenant la parole lors de cette rencontre, Luiz Inácio Lula da Silva a dénoncé un « échec total et absolu » du système onusien, pointant particulièrement le rôle du Conseil de sécurité des Nations unies. Selon lui, cette instance, dominée par ses membres permanents, ne remplit plus efficacement sa mission de maintien de la paix. Le président brésilien a estimé que la configuration actuelle favorise les grandes puissances au détriment des nations plus vulnérables.
Pour illustrer ses propos, il a évoqué plusieurs crises majeures, notamment les conflits en Ukraine, à Gaza et en Iran, soulignant l’incapacité de la communauté internationale à prévenir leur escalade. Il a ainsi plaidé pour une réforme en profondeur du Conseil de sécurité et pour un multilatéralisme plus équitable, fondé sur le dialogue et la coopération plutôt que sur des rapports de force.
De son côté, Gustavo Petro a estimé que l’ONU traverse une véritable « crise de crédibilité ». Le président colombien a dénoncé l’impuissance de l’organisation face aux défis globaux, appelant à une mobilisation collective pour éviter une aggravation des tensions internationales. Il a notamment insisté sur la nécessité d’un cessez-le-feu immédiat dans les zones de conflit.
Dans son intervention, il a également encouragé un renforcement de la coopération entre les pays du Sud, estimant que l’Amérique latine et les Caraïbes ont un rôle clé à jouer dans la défense de la paix et du multilatéralisme.
Ces prises de position, formulées dans le cadre du dialogue CELAC-Afrique, traduisent une volonté croissante de plusieurs pays émergents de repenser les équilibres du système international. Elles relancent le débat sur la réforme des institutions mondiales, à un moment où les crises géopolitiques se multiplient et mettent à l’épreuve les mécanismes traditionnels de gouvernance globale.

