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Raina Forbin imprime sa marque à la diplomatie haïtienne, entre offensive internationale et défis dominicains

À peine installée à la tête du ministère des Affaires étrangères et des Cultes, Raina Forbin engage déjà une dynamique soutenue pour redéfinir les orientations diplomatiques d’Haïti. Nommée officiellement le 4 mars par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, en présence de son prédécesseur Jean-Victor Harvel Jean-Baptiste, la nouvelle chancelière multiplie les initiatives pour repositionner le pays sur la scène internationale.

Dès les premiers jours de sa prise de fonction, la ministre a posé les bases de son action en mettant en avant quatre priorités majeures : le rétablissement de la sécurité, l’organisation d’élections crédibles, la relance économique et la modernisation de la diplomatie haïtienne. Ces axes ont été rapidement partagés avec le corps diplomatique accrédité en Haïti, traduisant une volonté d’inscrire son mandat dans une logique d’ouverture et de coopération.

Dans cette dynamique, Raina Forbin a enchaîné les rencontres. Le 6 mars, elle a participé au lancement de la Quinzaine de la Francophonie aux côtés de Antoine Michon. Deux jours plus tard, à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, elle a rendu hommage aux femmes engagées au sein de son ministère. Le 13 mars, elle a également initié un dialogue avec des leaders religieux autour des enjeux de cohésion sociale, soulignant l’importance du vivre-ensemble dans le contexte actuel.

Sur le plan bilatéral, l’intensification des échanges s’est accélérée à partir du 17 mars. La chancelière a successivement reçu Dimitri Léger, consul général du Pérou, puis Marco Antonio Peñín Toledano, ambassadeur d’Espagne, afin de renforcer la coopération dans les domaines humanitaire et sécuritaire. Elle s’est également entretenue avec le chargé d’affaires américain Henry T. Wooster, autour des défis liés à l’insécurité et aux perspectives électorales.

Dans la continuité de ces consultations, la ministre a échangé avec Carlos Ruiz Massieu, représentant du Bureau intégré des Nations unies en Haïti, sur le rôle de l’ONU dans l’accompagnement de la transition politique et le renforcement de la gouvernance. D’autres rencontres ont suivi avec Vilma Velásquez, ambassadrice de Colombie, et Jesús Cisneros, ambassadeur du Mexique, portant sur des projets concrets en matière d’agriculture, de formation et de sécurité.

Parallèlement, Raina Forbin a accompagné le chef du gouvernement au Chili, à l’occasion de l’investiture du président élu José Antonio Kast. En marge de ce déplacement, des discussions ont eu lieu avec Albert Ramdin, secrétaire général de Organisation des États américains, autour des enjeux sécuritaires et électoraux en Haïti.

La chancelière a également pris part au Forum de haut niveau CELAC–Afrique à Bogotá, où elle a rencontré son homologue mexicain Juan Ramón de la Fuente ainsi que la ministre colombienne Yolanda Villavicencio Mapy. Ces échanges traduisent une volonté d’élargir les partenariats stratégiques d’Haïti, tout en renforçant sa présence dans les espaces multilatéraux. Dans cette optique, le pays a officialisé son adhésion à Organisation internationale des télécommunications mobiles par satellite, une avancée visant à moderniser ses capacités de surveillance maritime.

En parallèle, plusieurs ambassadeurs haïtiens ont été rappelés, signe d’un réajustement en profondeur de la diplomatie nationale. Toutefois, au-delà de cette activité soutenue, un défi majeur s’impose déjà à la nouvelle ministre : la relance des relations avec la République dominicaine.

Marquées par des tensions persistantes, les relations entre les deux pays restent fragiles. Les dossiers liés à la migration, aux échanges commerciaux frontaliers, à la reprise des vols et à la réouverture des points de passage constituent autant de chantiers sensibles. La capacité de Raina Forbin à rétablir un dialogue constructif avec le président dominicain Luis Abinader sera déterminante pour la suite de son action.

En somme, la nouvelle chancelière imprime un rythme soutenu à la diplomatie haïtienne, combinant offensive internationale et réformes internes. Mais c’est sur le terrain régional, et notamment dans la gestion du dossier dominicain, que se jouera véritablement la crédibilité de cette nouvelle orientation diplomatique.

Rédaction Kominotek NEWS

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