
À Port-au-Prince, la colère monte chez les étudiants en médecine face à la fermeture prolongée de l’Hôpital de l’Université d’État d’Haïti (HUEH), un établissement clé du système de santé national. Lors d’un point de presse tenu le 17 mars 2026, ces futurs professionnels ont tiré la sonnette d’alarme sur les conséquences graves de cette situation et annoncé une mobilisation pour exiger des réponses concrètes des autorités.
Fermé depuis février 2024 en raison des violences armées ayant paralysé le centre-ville, l’hôpital, communément appelé Hôpital Général, demeure toujours hors service. Une réalité que les étudiants jugent « intenable », tant pour la population que pour leur parcours académique.
Selon eux, l’inaccessibilité de ce centre hospitalier aggrave considérablement la crise sanitaire. De nombreux patients se retrouvent privés de soins essentiels, faute d’infrastructures capables de répondre à la demande. Parallèlement, les jeunes médecins, notamment les nouveaux diplômés, peinent à compléter leur formation pratique, en raison de l’absence de stages cliniques adéquats.
Les intervenants ont également rappelé le rôle fondamental du HUEH dans la formation médicale en Haïti. En tant que principal hôpital universitaire du pays, il constitue un pilier incontournable pour l’apprentissage clinique. Son indisponibilité prolongée risque, selon eux, de compromettre durablement la qualité de la formation et d’affaiblir encore davantage un système de santé déjà fragilisé.
Face à cette impasse, les étudiants ont annoncé une mobilisation organisée le 18 mars 2026. Le mouvement doit partir du rectorat de l’Université d’État d’Haïti pour se diriger vers la Primature, avec pour objectif de réclamer des actions immédiates.
Au cœur de leurs revendications figure l’activation du projet de relocalisation provisoire de l’hôpital, prévu dans un accord signé à la fin de l’année 2025. Cet engagement visait à permettre une reprise rapide des services médicaux et à alléger la pression sur les structures sanitaires encore fonctionnelles.
Cependant, plusieurs mois après cette annonce, aucune avancée concrète n’a été constatée. Les étudiants appellent donc les autorités à sortir de l’inaction et à prendre des mesures urgentes pour rétablir l’accès aux soins et garantir des conditions de formation dignes pour la relève médicale.
Dans un contexte marqué par l’insécurité et les défis structurels du système de santé, cette mobilisation traduit une inquiétude croissante quant à l’avenir des soins médicaux en Haïti et à la capacité du pays à former efficacement ses futurs professionnels de santé.
Rédaction Kominotek NEWS

