SOCIETE

Glaucome : une urgence médicale sous-estimée en Haïti, selon le Dr Mike Maingrette

Le Dr Mike Maingrette, médecin spécialiste des yeux, tire une sonnette d’alarme sur l’urgence de la lutte contre le glaucome en Haïti, à l’occasion de la Semaine mondiale du glaucome, célébrée annuellement pour sensibiliser au diagnostic précoce de cette maladie silencieuse. Selon lui, l’insuffisance des infrastructures sanitaires, aggravée par la crise sécuritaire et les tensions politiques persistantes, empêche des milliers d’Haïtiens de bénéficier d’un accès équitable aux soins oculaires. « Le glaucome est une maladie insidieuse qui progresse sans symptômes visibles au début, mais une fois détectée tardivement, elle entraîne souvent une perte irréversible de la vision », explique-t-il, soulignant l’importance d’une surveillance régulière et d’un suivi médical rigoureux.

En Haïti, le glaucome est responsable d’un nombre alarmant de cas d’aveuglement, particulièrement parmi les populations rurales où les cliniques ophtalmologiques sont rares. Le Dr Maingrette rappelle que la maladie, souvent associée aux personnes âgées, peut aussi affecter les jeunes, surtout en cas d’antécédents familiaux. « Les réseaux de santé sont surchargés, et les patients qui vivent dans des zones instables hésitent à se déplacer pour des soins préventifs », ajoute-t-il. La crise énergétique, avec des coupures fréquentes d’électricité, complique également l’utilisation des équipements nécessaires pour des examens précis, comme la tonométrie ou l’analyse du champ visuel.

Pour le spécialiste, l’éducation du public reste un levier clé. « Beaucoup ignorent que le glaucome peut être contrôlé par des traitements simples, comme des collyres, si diagnostiqué tôt. Mais les mythes circulant sur cette maladie, et notamment l’idée qu’elle ne touche que les personnes âgées, freinent les consultations. » Il insiste sur la nécessité de multiplier les campagnes de dépistage gratuites, en collaboration avec des ONG et des acteurs locaux.

Depuis plusieurs années, des initiatives comme le « Mois de la vue » tentent de réduire le retard de diagnostic, mais les ressources sont limitées. « Nous avons besoin d’une mobilisation internationale pour renforcer les formations des professionnels de santé en Haïti et d’investir dans des équipements modernes », conclut le Dr Maingrette. Dans un contexte où la pandémie a exacerbé les inégalités sanitaires, la lutte contre le glaucome apparaît comme une priorité non seulement médicale, mais aussi sociétale. « La cécité n’est pas une fatalité, c’est une conséquence de l’abandon », martèle-t-il, appelant à une solidarité accrue entre les communautés locales et les partenaires étrangers.

 

Rédaction Kominotek NEWS

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