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Financement public : L’Université Quisqueya répond aux critiques après le versement de 150 millions de gourdes

L’Université Quisqueya (UNIQ) a publié, ce dimanche, une déclaration officielle pour éclaircir les modalités du financement public perçu par l’institution, suite aux controverses suscitées par le versement de 150 millions de gourdes.

Selon les précisions fournies par l’université, cette somme a été répartie en trois tranches de 50 millions de gourdes chacune, conformément aux dispositions du décret n° 11-2020. Ce texte, relatif au fonctionnement et à la modernisation de l’enseignement supérieur en Haïti, prévoit explicitement des soutiens ciblés aux établissements privés, comme le soulignent les articles 194 et 195. L’UNIQ met en avant le cadre légal de cette intervention, affirmant qu’elle a été réalisée « dans le strict respect des lois et avec une transparence totale ».

La demande de financement, initialement déposée en décembre 2022, a abouti à un protocole d’accord signé en mai 2025 avec le Ministère de l’Économie et des Finances (MEF). L’institution précise avoir soumis régulièrement des rapports narratifs et financiers en 2025, détaillant l’affectation des fonds.

Dans son exposé, l’UNIQ insiste sur le contexte économique et sécuritaire dramatique traversé par le pays. La dévaluation de la gourde, la baisse des inscriptions due à l’insécurité et aux crise nationale, ainsi que l’impact du programme migratoire américain, ont fortement réduit le recrutement étudiant. Le nombre d’étudiants s’est effondré de 3 500 en 2018-2019 à 850 actuellement, entraînant une chute des recettes provenant des frais de scolarité, de 4,3 millions à moins de 600 000 dollars.

L’université évoque également les conséquences des attaques perpétrées par des groupes armés dans des quartiers comme Pacot et Turgeau, perturbant les activités académiques. Elle rappelle son statut d’entité à but non lucratif, reconnue d’utilité publique, ni appartenant à ses fondateurs ni générant de profits.

Face aux critiques, l’UNIQ appelle à un débat national sur la gouvernance et le financement des universités privées haïtiennes, pour éviter de tels malentendus à l’avenir. Cependant, les réactions ne sont pas unanimes. Des étudiants de l’Université d’État d’Haïti (UEH) dénoncent une inéquité criante, soulignant que les ressources publiques sont allouées à une institution privée au moment même où l’université publique manque de salles de classes, de professeurs et d’équipement.

Cette tension s’inscrit dans un contexte plus large : après la résiliation du contrat entre le MENFP et l’École Normale Supérieure (ENS) en 2025, des manifestations ont éclaté, mettant en lumière les fragilités du système éducatif haïtien. Les appels à une réforme profonde s’intensifient, avec des demandes urgentes de mesures concrètes pour sauvegarder la qualité et l’accessibilité de l’enseignement supérieur.

L’UNIQ, tout en défendant sa légitimité, reconnaît la nécessité d’un dialogue national pour rééquilibrer les politiques éducatives. Pour autant, la question reste explosive, entre des besoins immédiats de soutien et les impératifs d’équité entre les établissements publics et privés.

 

Rédaction Kominotek NEWS

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