Conflit au Moyen-Orient : Multiplication des acteurs, la Russie, l’Ukraine, la Chine et l’Inde jouent un rôle croissant

Alors que le conflit dans la région du Moyen-Orient entre dans sa deuxième semaine, il se transforme progressivement en un enjeu géopolitique global, avec l’émergence de nouveaux acteurs, certains intervenant symboliquement, d’autres de manière plus concrète. Des pays comme la Russie, l’Ukraine, la Chine et l’Inde commencent à s’impliquer dans ce conflit, cherchant à influencer l’avenir de la région tout en tirant profit de la situation actuelle. Selon Miloud, expert à la Chaire Raoul-Dandurand, l’impact de ces pays est significatif, tant sur le plan stratégique que symbolique.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a annoncé vendredi l’envoi d’experts militaires spécialisés dans l’usage des drones vers le Moyen-Orient. Cette initiative, destinée à soutenir les États-Unis et leurs alliés contre les drones iraniens, est perçue comme un acte symbolique. « Le geste ukrainien, bien que symbolique, vise à renforcer la coopération militaire avec les Américains, tout en espérant obtenir un soutien accru dans leur lutte contre la Russie », explique Miloud, interrogé par LCN dimanche.
Moscou, de son côté, aurait partagé des informations de renseignement avec l’Iran dès le début des hostilités. Ces données, selon l’expert, incluent des coordonnées précises sur l’emplacement des forces américaines, comme les navires de guerre et les avions. « La Russie profite de toute situation affaiblissant les États-Unis, son principal adversaire », souligne Miloud, tout en notant que la portée exacte de l’aide russe reste incertaine.
L’Inde, accusée récemment de continuer à commercer avec la Russie malgré l’invasion de l’Ukraine, pourrait avoir intérêt à soutenir Israël et les États-Unis dans ce conflit. « Les critiques contre le gouvernement indien ont été sévères, mais les États-Unis, eux-mêmes, viennent d’annoncer une levée temporaire des sanctions contre Moscou pour permettre à l’Inde d’importer davantage de matières premières », précise l’expert. Cette décision, qui contraste avec les principes habituels du droit international, profite indirectement à l’Inde, qui « a tout intérêt à ne pas s’opposer ouvertement à cette dynamique », ajoute-t-il.
Pour Miloud, la Chine pourrait également tirer profit de la nouvelle instabilité en Iran. Pékin a déjà utilisé des crises dans la région pour étendre son rayonnement mondial. « Lorsque les États-Unis étaient enlisés en Irak après 2003, la Chine a profité de leur absence pour renforcer ses liens avec des pays comme l’Iran ou le Pakistan. Si la situation se stabilise au Moyen-Orient, il serait logique que Pékin suive la même stratégie », conclut l’expert.
Avec l’entrée en jeu de ces acteurs majeurs, le conflit au Moyen-Orient menace de devenir un enjeu global, mêlant intérêts économiques, stratégies militaires et luttes diplomatiques. La Russie, l’Ukraine, la Chine et l’Inde, chacun à leur manière, cherchent à redéfinir leur rôle dans un monde en mutation, où la stabilité régionale fait office de pièce maîtresse.
Rédaction Kominotek NEWS

