
L’Association Professionnelle des Magistrats (APM), représentant les juges et magistrats haïtiens, a exprimé, vendredi 24 janvier 2026, une vive inquiétude face à l’enlèvement du juge Jean Frédérick Bénèche, 56 ans, magistrat affecté à la Cour d’Appel de Port-au-Prince depuis 2018. L’instance a condamné « avec la plus grande fermeté » cet acte, qu’elle qualifie de « violence inacceptable contre la justice et les valeurs républicaines ». Dans un communiqué publié officiellement, l’APM exige la libération « immédiate, inconditionnelle et inhumaine » du magistrat, tout en appelant les autorités compétentes à agir avec urgence pour identifier et traduire en justice les auteurs de cet enlèvement.
Le juge Bénèche, spécialisé dans les affaires pénales complexes, a été enlevé la veille à 18h30, alors qu’il quittait son domicile dans le quartier de Delmas 33. Selon les premières informations, plusieurs individus, armés et encagoulés, l’auraient forcé à monter dans un véhicule noir non identifié. L’APM souligne que cet enlèvement s’inscrit dans une série de violations répétées des droits fondamentaux des magistrats, mettant en péril l’indépendance du pouvoir judiciaire. « Ce crime ne peut rester impuni. Il s’agit d’une attaque contre la justice elle-même », a déclaré un porte-parole de l’APM, anonyme, lors d’une conférence de presse à Port-au-Prince.
L’association a également appelé le président de la République, le Premier ministre et le ministre de la Justice à « renforcer les mesures de protection des magistrats et à coopérer pleinement avec les forces internationales déployées sur le terrain ». Elle a mis en garde contre les « sérieuses conséquences » d’un tel acte, rappelant que la sécurité des juges est cruciale pour garantir la confiance des citoyens dans le système judiciaire. « Le juge Bénèche est un pionnier dans la lutte contre la corruption et l’impunité. Son enlèvement est une humiliation collective », a ajouté le communiqué.
Depuis 2020, le pays a enregistré une augmentation des enlèvements et des attaques ciblant des figures de l’État, dont des magistrats, des policiers et des journalistes. L’APM réclame depuis plusieurs mois une réforme urgente du système de sécurité nationale et une meilleure coordination entre les forces de l’ordre pour prévenir de tels incidents. Dans un contexte marqué par l’insécurité et la crise économique, cette demande s’inscrit dans une démarche plus large de défense des institutions publiques.
Le juge Bénèche est décrit par ses collègues comme « un défenseur acharné de la justice sociale » et un « exemple de rigueur morale ». L’APM a lancé un appel à la solidarité nationale, invitant les citoyens à « montrer leur soutien à l’ensemble des magistrats menacés » et à « réclamer la paix et la sécurité pour tous ». Une enquête a été ouverte par la Police nationale, tandis que la communauté internationale, via les Nations Unies et l’Union européenne, a exprimé sa préoccupation face à la dégradation de la situation sécuritaire.
En conclusion, l’APM a réitéré son engagement à « protéger la dignité de la magistrature » et à « réclamer un État de droit fort et indépendant ». La libération du juge Bénèche reste une priorité pour l’association, qui ne cèdera pas face à la violence et l’intimidation.
Rédaction Kominotek NEWS

