
Ouanaminthe, ville frontalière située à la frontière entre la République dominicaine et l’Haïti, a été secouée par des tirs isolés dans la nuit du mercredi 4 au jeudi 5 février 2026, peu après minuit, suscitant une vive inquiétude parmi les habitants. Les échos des détonations, entendus dans plusieurs quartiers de la localité, ont entraîné une montée d’alerte dans une région déjà fragilisée par des tensions récurrentes. Selon des témoins interrogés sur place, les coups de feu ont éclaté de manière épisodique, sans qu’aucun groupe armé ne soit officiellement identifié à ce stade.
L’agitation est intervenue dans un contexte marqué par l’insécurité persistante dans le sud-est haïtien, un territoire où les actes de violence, les vols à main armée et les confrontations entre bandes rivales sont régulièrement rapportés. Les habitants, habitués à ces épisodes de violences, ont réagi avec circonspection, certains quittant précipitamment leurs domiciles pour se réfugier dans des lieux jugés plus sûrs. « Nous avons été réveillés par des bruits sourds, comme des explosions, puis des cris. Nous ne savons pas d’où cela provient, mais ici, on ne se laisse pas facilement surprendre », a déclaré une résidente, refusant de révéler son nom.
Une source de la police locale, contactée par l’AFP, a confirmé avoir été alertée de ces incidents. « Nous envoyons des unités sur le terrain pour sécuriser la zone et tenter d’identifier les auteurs de ces tirs. Il est trop tôt pour affirmer s’il s’agit d’une affaire isolée ou d’une escalade », a-t-elle précisé, tout en soulignant la difficulté à intervenir pleinement en raison de la topographie accidentée de certains quartiers. Les autorités dominicaines, voisines de la municipalité, ont également activé leurs forces de sécurité en bordure de la frontière, dans un geste de précaution.
Les habitants de Ouanaminthe, une ville stratégique pour le commerce transfrontalier, vivent depuis plusieurs mois sous la menace d’une montée de la criminalité. Les routes principales, souvent cernées par des checkpoints improvisés, sont devenues des points névralgiques où les tensions s’embrasent facilement. Localement, des observateurs soulignent que la dégradation du climat social s’alimente aussi de la faiblesse des institutions et du manque d’investissements dans les infrastructures de sécurité. « L’absence de réponse structurée des autorités pousse les citoyens à prendre le relais eux-mêmes, avec des conséquences parfois dramatiques », a commenté un expert en sécurité, en référence aux initiatives de milices citoyennes qui se multiplient dans la région.
Les autorités locales, interrogées sur les mesures prévues pour stabiliser la situation, n’ont fourni que des réponses vagues. « Nous appelons à la calme et à la confiance dans les forces de l’ordre, a déclaré le maire de Ouanaminthe lors d’une brève déclaration à la radio. Nous travaillons en collaboration avec les partenaires internationaux pour renforcer les capacités de réponse. » Cependant, les habitants, sceptiques, exigent des actions concrètes pour restaurer un climat de sécurité durable.
En attendant des clarifications, la population reste sur le qui-vive. Les commerces, encore fermés aux premières heures de la matinée, ont progressivement rouvert, mais les rues, d’habitude animées, sont marquées par une atmosphère pesante. Les enfants, absents des écoles ce matin-là, sont restés confinés à domicile sous la surveillance anxieuse de leurs familles. « C’est notre quotidien : vivre dans la peur, mais ne pas savoir vers qui se tourner », confie un père de famille, en résumant l’angoisse d’une communauté en proie à l’inaction.
Les autorités internationales, via les Nations Unies, ont exprimé leur préoccupation face à la montée de la violence dans la région. « Il est impératif de préserver la stabilité dans cette zone frontalière, cruciale pour les échanges économiques et le développement », a souligné un porte-parole de l’ONU. Pour autant, la réponse concrète tarde à venir, laissant la région dans un état de vulnérabilité chronique.
En l’absence d’une solution structurale, les habitants de Ouanaminthe continuent de vivre sous la menace, entre espoirs et déceptions, dans un environnement où la sécurité reste un luxe inaccessible.
Rédaction Kominotek NEWS

