Haïti : Les États-Unis insistent sur une transition rapide et une réduction des pouvoirs des Nations unies

Durant une réunion du Conseil de sécurité des Nations unies le 29 janvier, les États-Unis ont réitéré leur engagement en faveur de la stabilisation d’Haïti, tout en exigeant des actions concrètes pour accélérer la transition politique. L’ambassatrice américaine Jennifer Locetta a souligné la nécessité de dissoudre le Conseil présidentiel de transition (CPT) avant le 7 février 2026, une date symbolique fixée par les autorités haïtiennes pour la tenue d’élections législatives. Cette position s’inscrit dans un contexte marqué par l’insécurité grandissante et la montée en puissance des groupes armés.
Dans son intervention, l’ambassadeur a salué l’adoption d’une résolution conjointement soutenue par le Panama, visant à renforcer la coopération internationale contre la violence gangstique. « La stabilité d’Haïti ne peut émerger qu’avec une direction forte, unifiée et soutenue par la population », a-t-elle affirmé, plaidant pour le maintien du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé à la tête du gouvernement. Selon Washington, son rôle est déterminant dans la lutte contre les gangs et la restauration de l’ordre public. « Seul un leadership constant, épaulé par le peuple haïtien, peut contenir la menace des organisations criminelles », a-t-elle insisté.
Un point central de la déclaration concerne le CPT, institution contestée pour son manque de légitimité électorale. Cité par Jennifer Locetta, le sénateur américain Marco Rubio a affirmé que cette instance devait être « dissoute sans délai avant le 7 février, afin de prévenir toute interférence de figures corrompues dans le processus démocratique ». Cette pression américaine traduit une volonté de limiter l’influence de réseaux politiques perçus comme opportunistes et de préparer un retour à l’ordre constitutionnel.
Les États-Unis ont également insisté sur la nécessité d’une coordination renforcée entre les acteurs internationaux impliqués dans la crise haïtienne. Parmi eux, la Force de répression des gangs, le Bureau d’appui des Nations unies en Haïti (BINUH), l’Organisation des États américains (OEA) et d’autres entités doivent adopter des rôles clairement définis. Cette approche vise à éviter les chevauchements de compétences et à rationaliser l’effort collectif en faveur de la sécurité et de la gouvernance.
Dans un contexte de réduction des contributions financières des États-Unis aux organismes multilatéraux, Washington a proposé un recentrage des missions du BINUH. Selon des directives issues du président Donald Trump, le mandat de l’organisation onusienne en Haïti devrait être réduit pour se concentrer sur trois axes prioritaires : l’organisation des élections, le désarmement et la réintégration des anciens combattants des gangs, ainsi que le suivi de la situation sur le terrain. Cette réforme, dénoncée par certains observateurs comme insuffisante, illustre une tendance plus large des États-Unis à recentrer leurs efforts sur les missions de paix, tout en contestant l’étendue des pouvoirs des Nations unies.
Enfin, l’ambassadrice Locetta a plaidé pour une utilisation plus rigoureuse des fonds internationaux, appelant à un « déploiement efficace et responsable » des ressources dans un pays confronté à une crise humanitaire prolongée. Cette exigence s’inscrit dans une dynamique plus large de lutte contre la corruption et l’inaction administrative, perçues comme des freins à la reconstruction nationale.
Avec ces orientations, les États-Unis cherchent à redéfinir leur rôle dans le processus haïtien, tout en multipliant les pressions sur les autorités locales pour accélérer des réformes longuement attendues. La question de la transition politique, désormais au cœur des débats, demeure un défi majeur pour un pays désespérément en quête de stabilité.
Rédaction Kominotek NEWS

