
Alors que la transition politique en Haïti arrive à son terme prévu début février 2026, le Réseau haïtien des journalistes anti‑corruption (RHAJAC) a tiré la sonnette d’alarme sur des transactions financières suspectes au ministère de l’Économie et des Finances (MEF). Dans une note rendue publique le 29 janvier 2026, l’organisation a exhorté l’Unité de Lutte Contre la Corruption (ULCC) et les autorités judiciaires à intervenir rapidement pour faire la lumière sur ces opérations.
Selon le RHAJAC, des mouvements de fonds importants auraient été réalisés en dehors des normes légales et sans les contrôles requis, au moment même où la fin du mandat du Conseil présidentiel de transition (CPT) approche à grands pas. Ces soupçons de malversations concernent notamment des décaissements effectués sous l’autorité du ministre Alfred Fils Metellus, qui seraient liés à des tentatives d’affermir une position politique avant la fin de la transition.
Dans sa déclaration, l’organisation de journalistes indépendants, dont l’action vise depuis plusieurs années à défier l’opacité et la corruption au sein des institutions publiques haïtiennes, a appelé l’ULCC à procéder à un audit d’urgence des transactions financières suspectes et à bloquer toute opération irrégulière. Le RHAJAC estime que ces manœuvres risquent de laisser « un héritage de corruption et de prédation des ressources publiques » à l’issue du processus transitoire.
Le contexte institutionnel haïtien reste fragile, avec une transition qui s’étire depuis plusieurs mois, marquée par des critiques concernant le manque de transparence et des tensions politiques croissantes. Des acteurs de la société civile et des organisations de contrôle réclament depuis longtemps une gestion plus rigoureuse des finances publiques et des mécanismes renforcés de reddition de comptes.
Le RHAJAC, fondé en 2021 pour promouvoir la transparence et dénoncer les abus de pouvoir, est régulièrement à l’avant‑garde de ce type de dénonciations. L’organisme a déjà, dans le passé, adressé des plaintes à l’ULCC sur d’autres dossiers sensibles impliquant des institutions publiques et des responsables politiques.
Alors que la date butoir du 7 février 2026 pour la fin du mandat du CPT approche, cette nouvelle alerte relance le débat sur la manière dont les ressources publiques sont gérées en Haïti et sur la nécessité d’un contrôle citoyen effectif des processus de dépenses publiques.
Rédaction Kominotek NEWS

