Insécurité en Haïti : 5 500 soldats attendus pour reprendre le contrôle de Port-au-Prince

L’Organisation des Nations unies a officiellement annoncé, vendredi 23 janvier 2026, le lancement imminent de la Force de répression des gangs (FRG) en Haïti, prévue pour débuter en avril prochain. Cette initiative vise à répondre à la crise sécuritaire aiguë qui paralyse le pays depuis plusieurs années. Le représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies en Haïti, Carlos Ruiz Massieu, a souligné que cette mission, composée d’environ 5 500 soldats, pourrait marquer un tournant décisif dans la lutte contre les groupes armés. « La situation exige une action rapide et coordonnée. En avril, la présence de cette force internationale permettra de rétablir un semblant de sécurité dans les zones les plus touchées », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse.
Selon un récent reportage diffusé par France 24, la réalité sur le terrain est alarmante. Dans la capitale, Port-au-Prince, près de 80 % de la population vit sous le joug de gangs qui contrôlent les quartiers via des actes de violences, de meurtres et d’attaques constantes. Les civils décrivent une existence marquée par la peur et la précarité, avec des pillages fréquents et un accès limité aux services de base. « La situation humanitaire s’aggrave chaque jour. Il est crucial que la communauté internationale soutienne cette opération », a insisté le diplomate. Les Nations unies ont également mis en garde contre l’urgence de respecter le calendrier électoral, actuellement repoussé depuis plus d’une décennie. Carlos Ruiz Massieu a rappelé que les premières élections devaient avoir lieu en août 2026, suivies d’une seconde phase en décembre, afin de rétablir une légitimité politique au pays.
Le Conseil Présidentiel de Transition (CPT), actuellement en charge du pouvoir, fait face à des critiques généralisées pour son inaction face à la crise. Son mandat, qui arrive à expiration dans les prochaines semaines, n’a pas permis de stabiliser la situation, laissant des millions de citoyens dans un état d’incertitude. Les Nations unies ont souligné que plus de 6 millions d’Haïtiens risquent de connaître une pénurie alimentaire, tandis qu’environ 10 % de la population a dû quitter son domicile en raison des violences. « La communauté internationale doit redoubler d’efforts pour sécuriser les voies d’accès et garantir l’acheminement de l’aide humanitaire », a ajouté le représentant onusien.
Les défis sont immenses, mais l’ONU reste déterminée à soutenir les autorités locales dans cette période critique. La FRG, composée de soldats de plusieurs pays partenaires, travaillera en étroite collaboration avec les forces de sécurité haïtiennes pour neutraliser les gangs et restaurer l’ordre public. Cependant, l’efficacité de cette mission dépendra largement de la coopération des élites politiques et de l’engagement des donateurs. En attendant, les habitants de Port-au-Prince continuent d’espérer un avenir plus stable, malgré les obstacles persistants. « Nous appelons tous à un dialogue inclusif et à la reprise des élections pour relancer le pays », a conclu Carlos Ruiz Massieu, rappelant que la résolution de la crise nécessitera à la fois des mesures sécuritaires et des réformes politiques profondes.
Rédaction Kominotek NEWS

