
Le Syndicat de la Police nationale d’Haïti (SPNH-17) a exprimé une vive inquiétude concernant les conditions de formation des 877 nouveaux policiers intégrés dans le cadre de la 35e promotion. Celle-ci a commencé ses activités pédagogiques le 5 octobre 2025, mais selon le syndicat, le manque de rigueur et de ressources suffisantes dans cette formation met non seulement en danger la sécurité des agents, mais aussi l’image et la crédibilité de l’institution policière haitienne. Le SPNH-17 exhorte le gouvernement et les autorités compétentes à revoir immédiatement les modalités de cette formation pour éviter des conséquences irréversibles.
Le syndicat souligne que les nouveaux agents sont confrontés à des défis majeurs : manque de temps pour maîtriser les techniques opérationnelles, insuffisance de l’enseignement sur le droit, la déontologie et les protocoles de sécurité, ainsi que l’absence de moyens matériels adéquats. « Ces agents, qui sont censés protéger les citoyens, risquent de devenir vulnérables eux-mêmes face à des situations complexes, comme des confrontations avec des groupes armés ou des actes de violences urbaines », a déclaré un porte-parole du SPNH-17. Cette situation, selon lui, pourrait également faciliter des abus de pouvoir ou des comportements inappropriés en raison d’un encadrement insuffisant.
Le SPNH-17 rappelle que la formation des policiers est une composante essentielle de la stabilité de l’État. Une préparation inadéquate, affirme le syndicat, affaiblit la capacité des forces de sécurité à répondre efficacement aux crises et alimente le mécontentement public. « Les citoyens attendent de leurs forces de l’ordre des agents compétents, honnêtes et capables de s’adapter aux défis sécuritaires. Or, cette promotion n’a pas été préparée pour répondre à ces attentes », a-t-il ajouté.
Le gouvernement haïtien, interrogé sur les critiques exprimées par le SPNH-17, a indiqué qu’il était en train d’évaluer les recommandations du syndicat. Une source proche du ministère de l’Intérieur a précisé que des ajustements pourraient être apportés, notamment le recours à des formateurs externes ou l’intégration de modules supplémentaires. Cependant, les syndicalistes restent sceptiques, soulignant que les délais serrés et le manque de budget compromettent toute mise à jour sérieuse.
Les 877 policiers concernés, quant à eux, vivent dans une incertitude croissante. « Nous voulons servir le pays, mais si on ne nous donne pas les outils nécessaires, comment pourrons-nous agir efficacement ? » a confié un stagiaire.
Le SPNH-17 a appelé les citoyens à rester vigilants et à dénoncer les éventuels comportements inappropriés des agents, tout en réitérant son soutien à la profession. Selon le syndicat, un dialogue ouvert avec les autorités est indispensable pour garantir une formation de qualité et renforcer la confiance entre les forces de l’ordre et la population.
En conclusion, le syndicat a mis en garde contre les conséquences potentielles d’une formation hâtive : un taux de mortalité accru parmi les agents, un affaiblissement des capacités opérationnelles de la police et une montée des tensions sociales. Il a insisté sur l’urgence d’une réforme globale du système de formation, alliant modernisation des méthodes, investissements dans les infrastructures et collaboration avec des partenaires internationaux. « La sécurité du pays ne peut pas être mise en péril par des négligences administratives », a-t-il conclu.
Rédaction Kominotek NEWS

