SOCIETE

Bel-Air : l’offensive policière s’intensifie, MSF suspend ses activités

Les autorités de Médecins Sans Frontières (MSF) ont annoncé la fermeture temporaire de leur clinique mobile située à Bel-Air, un quartier de Port-au-Prince, en raison de l’escalade des combats entre les forces de l’ordre et des groupes armés. Cette décision, prise après plusieurs jours de tensions, vise à protéger les employés, les volontaires communautaires ainsi que les patients.

« *Nous avons pris la décision de suspendre nos activités dans cette zone pour éviter tout risque pour la sécurité de notre personnel et des civils* », a déclaré Nicholas Tessier, chef de mission de MSF. Selon lui, l’organisation explore des alternatives pour reprendre ses interventions médicales ailleurs dans la région, à l’abri des affrontements. « *Un de nos partenaires locaux a été grièvement blessé au cours des dernières heures, ce qui nous a poussés à agir rapidement* », a-t-il précisé.

En parallèle, le centre médico-chirurgical de MSF à Drouillard, dans la commune de Cité Soleil, a enregistré une augmentation significative des admissions de patients atteints de blessures par balles. « *Nous constatons une hausse inquiétante de la violence dans les quartiers proches de Bel-Air* », a souligné Nicholas Tessier, ajoutant que les ressources de l’organisation sont désormais déployées pour répondre à cette situation critique.

L’opération militaire lancée fin décembre par les forces de sécurité a déclenché une onde de violences sans précédent. Bien qu’aucun bilan officiel n’ait été publié, les estimations varient selon les sources. Selon Etzer Jean, militant humanitaire, près de vingt personnes auraient perdu la vie mercredi dernier, dont plusieurs civils, y compris des femmes et des enfants. « *Leur mort est le résultat d’une tactique délibérée : les groupes armés utilisent la population comme bouclier humain* », a-t-il dénoncé, invitant les non-combattants à éviter les zones sinistrées.

Cette escalade a également conduit à une onde de déplacement de ressortissants locaux. « *Les habitants de Bel-Air fuient en masse depuis plusieurs jours, se réfugiant dans des lieux temporaire comme les abords du parlement, qui a été désaffecté en raison des troubles* », a rapporté un résident du quartier. Selon des témoins, de nombreux réfugiés manquent de soins et de nourriture, exacerbant un contexte humanitaire déjà fragile.

Les tensions entre les autorités et les gangs, qui contrôlent une partie de la ville depuis plusieurs mois, s’inscrivent dans un cycle récurrent de violences. « *Les opérations policières répétées n’apportent aucune solution durable et fragilisent davantage la population* », a estimé un observateur indépendant. MSF, quant à elle, reste engagée dans les zones touchées, mais prévoit de transférer ses activités vers un site plus sécurisé dès que possible.

Alors que l’insécurité persiste, l’appel à une médiation internationale se fait plus pressant. « *Les civils paient le prix fort de conflits qui n’ont rien à voir avec eux* », conclut Nicholas Tessier, appelant à une intervention immédiate pour endiguer le chaos.

 

Rédaction kominotek NEWS

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