
Le président américain Donald Trump a signé, mercredi 7 janvier, un décret ordonnant le retrait des États-Unis de 66 organismes internationaux, révèle la Maison-Blanche. Ce geste vise à cibler des entités jugées inutiles pour les intérêts nationaux, selon Washington, dont une cinquantaine sont rattachées au système des Nations Unies. Cette décision, qualifiée de « nécessaire », s’inscrit dans une stratégie politique visant à réévaluer le rôle des États-Unis dans le domaine de la coopération globale.
Parmi les structures concernées figurent des organisations clés liées à l’environnement et à la santé. La Convention-cadre des Nations Unies sur le changement climatique (CNUCC), adoptée en 1992 à Rio, est explicitement citée. Cet accord international, qui a inspiré le fameux accord de Paris de 2015, a déjà été abandonné par Trump en 2017, un retrait qui a marqué un tournant dans la politique climatique américaine. Le président républicain a également mis un terme à l’adhésion des États-Unis au Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), un organe scientifique majeur de l’ONU.
Autres institutions touchées : l’Agence internationale pour les énergies renouvelables, l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), et ONU-Eau, des entités travaillant sur des enjeux environnementaux critiques. Cette offensive s’aligne sur des déclarations récentes de Trump, qui, lors de l’Assemblée générale des Nations Unies en septembre 2025, a dénoncé le « mythe » du réchauffement climatique, affirmant que l’utilisation du charbon restait une solution « propre et magnifique ».
Le retrait inclut aussi le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA), spécialisé dans la santé maternelle et infantile, dont les financements américains avaient été gelés en 2020. L’Agence des Nations Unies pour le Commerce et le Développement (CNUCED) figure également sur la liste. Ces mesures s’ajoutent à celles déjà entreprises, comme le départ de l’Unesco en 2017, de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en 2020, et de l’accord de Paris, desquelles les États-Unis ont réintégré sous l’administration Biden.
La Maison-Blanche justifie ces décisions par un besoin d’« économiser des ressources » et de « protéger les intérêts nationaux », tout en accusant ces organismes de « double norme » et d’ingérence dans les affaires intérieures. Les implications géopolitiques sont immédiates : Washington se positionne de manière isolée sur des dossiers transnationaux, tandis que ses alliés, comme l’Union européenne ou le Japon, s’interrogent sur la cohérence des politiques américaines.
Les critiques se multiplient, notamment au sein de la communauté scientifique et environnementale, qui dénonce une « fracture » avec les principes multilatéraux. Des ONG soulignent que ces sorties risquent d’affaiblir la coordination globale face aux crises climatiques et sanitaires. Pour Trump, en revanche, cette posture est perçue comme un retour à une vision plus réaliste de la diplomatie américaine, mettant en avant l’indépendance nationale par rapport à des institutions qu’il juge inefficaces.
Le décret, entré en vigueur le 1er février 2025, a suscité un débat intense au sein du Congrès, où plusieurs sénateurs républicains ont réclamé un examen détaillé des impacts économiques. Les effets concrets sur les programmes étrangers des États-Unis, comme l’aide au développement ou les partenariats technologiques, restent à évaluer. Pour l’instant, Washington a confirmé le gel des contributions financières à ces organisations, un premier pas vers une séparation totale.
La réaction de la communauté internationale reste mitigée. Tandis que certains pays émergents, influencés par une diplomatie anti-occidentale, ont exprimé leur soutien à Trump, d’autres, comme les membres permanents du Conseil de sécurité, soulignent la nécessité d’un dialogue inclusif pour maintenir la stabilité mondiale. Cette décision marque un tournant dans la politique étrangère américaine, marquant une distance accrue vis-à-vis des institutions globales, et relance les débats sur le rôle des États-Unis dans l’ordre international.
Rédaction Kominotek NEWS

