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Venezuela : 60 opposants à Maduro relâchés pour Noël, sous liberté conditionnelle

Le 25 décembre, une ONG composée de défenseurs des droits humains et de proches de prisonniers politiques a annoncé la libération de 60 opposants vénézuéliens, arrêtés après les élections présidentielles de juillet 2024. Cette information, rapportée par Radio-Canada, survient dans un contexte de crise politique déclenchée par la réélection contestée de Nicolas Maduro. Les arrestations ciblaient des individus qui avaient dénoncé des irrégularités massives lors du scrutin. Le ministère des Services pénitentiaires a indiqué que ces relâchements découlaient d’une évaluation judiciaire permettant d’appliquer des mesures d’élargissement prévues par la loi.

Le gouvernement justifie les arrestations par des accusations de violences et de « haine » post-électorales, suite aux manifestations suivant le scrutin du 28 juillet. Cependant, le Comité pour la liberté des prisonniers politiques, organisme indépendant, a confirmé la libération des 60 personnes, tout en soulignant que leurs libertés restent encadrées par des conditions restrictives. Andreína Baduel, figure de ce comité, a salué cette avancée, tout en rappelant que le combat pour l’obtention d’une libération totale continue.

Parmi les individus relâchés se trouve Marggie Orozco, une médecin de 65 ans condamnée à 30 ans de prison pour « trahison », incitation à la haine et conspiration. Cette peine, infligée après une critique envers Maduro dans un message vocal, illustre la répression systématique visant les opposants depuis l’annonce des résultats électoraux. Selon les données officielles rapportées par Radio Canada, environ 2 400 personnes auraient été arrêtées, qualifiées par le pouvoir de « terroristes ». Près de 2 000 d’entre elles ont déjà été relâchées, mais les autorités maintiennent que certaines poursuites judiciaires sont en cours.

Andreína Baduel, dont le père, le général Raúl Isaías Baduel, ancien allié d’Hugo Chávez et emprisonné jusqu’en 2021, a également évoqué le cas de son frère, Josnars Adolfo Baduel, incarcéré depuis cinq ans pour des faits de « terrorisme ». Elle a dénoncé les conditions inhumaines de détention de ce dernier, ainsi que son état de santé gravement compromis à cause de prétendues tortures. Ces révélations soulignent les tensions persistantes entre les familles des prisonniers et l’exécutif, qui refuse d’admettre un quelconque lien entre les arrestations et la contestation électorale.

Les 60 relâchements, intervenus à l’approche des fêtes de fin d’année, sont perçus comme un geste symbolique, même si les restrictions imposées aux libérés limitent leur liberté. Selon le Comité, plus de 100 prisonniers politiques restent détenus, dans des conditions souvent contestées. Cette situation alimente les tensions internationales, alors que la communauté internationale exige des élections libres et la fin de l’emprisonnement politique.

Le Venezuela, confronté à une crise économique et sociale profonde, voit s’aggraver la divergence entre le pouvoir et l’opposition, qui refuse d’accepter la légitimité du gouvernement de Maduro. Les déclarations d’Andreína Baduel, faisant état d’une « résistance inébranlable » de la société civile, traduisent l’impuissance de certaines familles face à un système judiciaire perçu comme outil de répression. Malgré les relâchements partiels, le spectre des prisonniers politiques continue de hanter le pays, marquant une fracture profonde dans la société vénézuélienne.

 

Rédaction Kominotek NEWS

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