
Le dimanche 21 décembre 2025, un violent incendie a causé des ravages dans un camp d’urgence installé à l’École Nationale de la Colombie, dans le quartier de Bourdon, à Port-au-Prince. L’explosion de flammes, survenue sans que l’origine ne soit encore éclairée, a rapidement englouti les habitations précaires, obligeant des centaines de personnes à fuir vers les rues avoisinantes, dans la confusion et l’effroi. Les pompiers, absents sur les lieux pendant plusieurs heures, n’ont pu intervenir qu’après que les flammes aient s’étendu de manière incontrôlable, laissant la population sans secours pendant des dizaines de minutes.
Parmi les sinistrés, des familles entières, dont certaines déjà fragilisées par des précarités antérieures, se sont retrouvées sans toit ni ressources. « C’est l’enfer », a déclaré un survivant, les yeux rougis par la fumée. « On a tout perdu, y compris les vêtements sur nos dos. » Une mère, qui a récemment témoigné d’agressions dans le quartier de Delmas 24, a confié : « Je ne peux même plus pleurer. Mon enfant a dormi dans les rues cette nuit. » Les responsables du camp, désorganisés par la catastrophe, ont tenté de récupérer quelques objets de valeur, en vain, tout en lançant des appels à l’aide restés sans réponse.
Jusqu’à présent, aucun bilan officiel n’a été rendu public, bien que des rumeurs évoquent des blessés légers. Les autorités locales, surprises par la rapidité de la propagation des flammes, ont affirmé être en train de recenser les dégâts. Ce drame intervient à peine 24 heures après la visite surprise du directeur de l’Agence nationale pour l’urgence (FAES) et de l’ambassadrice de Colombie en Haïti, venue inspecter les conditions d’accueil des déplacés. Une coïncidence qui suscite des questions sur l’état de vigilance des autorités et leur capacité à prévenir de tels accidents.
Le site, construit il y a deux ans pour accueillir des centaines de personnes déplacées par des violences politiques et des inondations, était déjà en surcharge, avec des infrastructures insuffisantes et un risque d’incendie élevé. Les habitants, souvent méfiants envers les institutions, dénoncent un manque d’investissements et un déni de leurs besoins fondamentaux. « On nous promet toujours de l’aide, mais rien ne vient », a confié un résident.
Les organisations humanitaires locales ont aussitôt appelé à un soutien d’urgence pour les sinistrés, en l’absence de réponse concrète des pouvoirs publics. Pour l’instant, des bénévoles tentent d’apporter de l’eau et des couvertures aux sans-abri, tandis que les habitants redoutent une nouvelle nuit dans le froid. L’enquête sur les causes de l’incendie est en cours, et la population pressent les autorités de rendre compte de leurs responsabilités dans cette tragédie.
Rédaction Kominotek NEWS

