Haïti : Washington insiste sur l’importance d’un soutien international accru à la Force multinationale contre les gangs

Les États-Unis ont réaffirmé leur position lors d’un récent sommet international, exigeant un financement complet et une participation accrue des pays du monde entier à la mission de lutte contre les gangs armés en Haïti. Lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères du G7, organisée les 11 et 12 novembre 2025 à Niagara Falls, au Canada, le secrétaire d’État américain Marco Rubio a insisté sur la nécessité d’un appui financier et logistique renforcé pour la coalition internationale déployée sur le terrain.
Selon lui, la crise haïtienne ne peut plus être gérée par les mécanismes diplomatiques classiques. « Haïti est désormais sous le joug d’un réseau de criminalité organisée, et nous ne pouvons laisser cette situation se perpétuer sans une réponse décisive », a-t-il déclaré, relayé par le média québécois *La Presse*. Rubio a également exprimé des critiques envers l’Organisation des États américains (OEA), lui reprochant son incapacité à agir efficacement face à la situation. « Est-il logique d’avoir une institution régionale qui ne parvient pas à mobiliser une mission pour protéger la région la plus vulnérable de notre hémisphère ? » a-t-il lancé, soulignant un manque de leadership critique.
Sur le plan militaire, M. Rubio a insisté sur l’urgence d’augmenter le nombre de troupes engagées. Le Kenya, qui a déjà déployé 2 000 soldats, a été salué pour son initiative, mais le responsable américain a estimé que ce chiffre reste insuffisant pour stabiliser le pays. Il a appelé d’autres nations à participer activement au renforcement de la force, fixant un objectif ambitieux de 5 000 soldats sur le terrain.
Le secrétaire d’État a également exposé trois axes prioritaires pour la mission :
1. Assurer un financement intégral de la phase de transition de l’opération,
2. Soutenir les activités du Bureau des Nations Unies en Haïti (ONU-Haiti) dans sa coordination des efforts humanitaires,
3. Mobiliser de nouveaux contingents pour renforcer la présence internationale et garantir la sécurité des populations.
Cette prise de position s’inscrit dans un contexte où les tensions en Haïti atteignent des niveaux inédits, avec des gangs contrôlant désormais plus de 60 % du territoire. Les autorités locales, confrontées à une défaillance institutionnelle chronique, dépendent largement des forces étrangères pour lutter contre les violences et rétablir l’autorité d’État. Les États-Unis, en position de leadership dans cette initiative, ont souligné que leur engagement ne serait pleinement opérationnel qu’avec une coopération globale renforcée.
Les défis restent immenses, notamment en matière de coordination entre les acteurs internationaux et la population locale. Les experts soulignent néanmoins que l’ampleur de la crise exige des actions immédiates, car les retards risquent d’aggraver la situation humanitaire et de provoquer une extension des conflits à d’autres régions. Washington a donc lancé un appel pressant aux pays du G7 et à la communauté internationale pour unir leurs efforts et apporter des ressources critiques à cette mission délicate.
Rédaction Kominotek NEWS

