
Port-au-Prince, 29 octobre 2025 – Le père Jean Julien Ladouceur, curé de la paroisse Sainte-Claire à Petite-Place Cazeau, a été libéré après plusieurs jours de détention, a annoncé une source ecclésiastique mercredi. Cependant, les autres personnes enlevées avec lui ne sont pas encore revenues à la liberté, toujours entre les mains de leurs ravisseurs.
L’incident remonte à la fin de l’après-midi du mercredi 22 octobre, lorsque le prêtre a été enlevé dans le quartier Delmas 33, à Port-au-Prince. Mgr Max Leroy Mésidor, président de la Conférence des évêques d’Haïti (CEH), a confirmé cet enlèvement vendredi dernier, soulignant l’inquiétude de l’Église catholique face à l’augmentation inquiétante des actes de kidnapping dans le pays. Ces derniers mois, les enlèvements ont frappé sans distinction les citoyens, qu’ils soient des figures religieuses, des membres de la communauté ou des familles ordinaires.
Aucun élément concret n’a été révélé sur les modalités de la libération du père Ladouceur, ni sur l’éventuelle rançon versée. Les autorités locales semblent refuser de tout commentaire, ce qui alimente les interrogations sur leur capacité à protéger les citoyens. Depuis plusieurs années, les institutions haïtiennes peinent à rétablir un climat de sécurité, tandis que les groupes armés multiplient les prises d’otages pour extorquer de l’argent ou des biens.
La Communauté éclésiastique, dans une déclaration publiée lundi, a réitéré son appel à la prière pour les otages encore détenu(e)s. Elle exhorte en outre les gouvernements successifs et les forces de l’ordre à agir avec urgence pour mettre fin à cette spirale de violence. « La situation ne peut plus être tolérée », a insisté Mgr Mésidor, rappelant que les chrétiens se doivent de prier pour une société plus juste et plus sûre.
Le prêtre, âgé de 58 ans, est connu pour son engagement auprès des populations démunies. Sa libération suscite un mélange de soulagement et de crainte : si l’un des otages a retrouvé la liberté, d’autres restent vulnérables. Les familles des victimes, elles, redoutent le pire, conscientes que chaque jour de détention représente un risque accru pour leurs proches.
Les groupes d’auto-défense et les ONG locales déplorent le silence des instances internationales face à la crise haïtienne. « Il est temps que la communauté mondiale prenne le problème au sérieux », a déclaré une représentante d’une association de soutien aux enlevés.
En attendant, les fidèles de la paroisse Sainte-Claire organisent des cérémonies de prière, tandis que les autorités religieuses travaillent en coulisses pour négocier la libération des derniers otages. Une solution durable, toutefois, semble impossible sans une coopération renforcée entre les forces de sécurité et les organisations locales.
Haïti, déjà fragilisée par des années de conflits et de crise économique, continue de se battre contre une menace qui sapant ses fondations. La relance du pays passera peut-être par la résolution de ce fléau qui terrorise ses habitants.
Rédaction Kominotek NEWS

