
L’ambassade de France en Haïti a annoncé un soutien financier de 2 millions d’euros à l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), destiné à renforcer l’accompagnement des migrants haïtiens rapatriés ou vulnérables. Ce financement s’inscrit dans un partenariat stratégique entre l’OIM et l’Office national des migrations (ONM), avec trois objectifs principaux :
1. Améliorer les conditions d’accueil aux points frontaliers,
2. Distribuer une aide alimentaire et médicale d’urgence,
3. Favoriser la création d’activités génératrices de revenus pour les familles impactées.
Dans un communiqué officiel publié sur les réseaux sociaux, la coopération française a souligné : *« La France soutient l’OIM dans ses efforts pour accompagner les Haïtiens rapatriés. La dignité et l’égalité sont au cœur de nos actions en Haïti. »*
Cependant, malgré cette initiative, les défis persistants, notamment l’insécurité grandissante et la faiblesse des institutions haïtiennes, freinent la mise en œuvre efficace des projets. L’OIM et l’ONM soulignent que leurs actions en faveur d’une réintégration durable demeurent limitées par ces contraintes.
En 2025, la France a également confirmé d’autres investissements importants dans le pays :
– 43 millions d’euros d’aide globale en 2024,
– 13 millions d’euros pour le projet d’irrigation PAIS dans le sud du pays,
– 8 millions d’euros pour la maternité Ti Mama 2 à Jacmel,
– Et 2 millions d’euros pour l’OIM, comme mentionné ci-dessus.
Ces financements interviennent après une vague massive de rapatriements. Selon les données de la Direction de la Migration de la République Dominicaine, plus de 119 000 Haïtiens ont été déportés entre janvier et avril 2025. Les États-Unis et d’autres pays de la région ont également intensifié leurs opérations de retour.
À leur arrivée en Haïti, les migrants sont généralement pris en charge par l’OIM. Initialement, l’organisation proposait une assistance financière de **5 000 à 10 000 gourdes** pour faciliter leur réinsertion. Cependant, ces aides restent insuffisantes face aux besoins colossaux.
Un changement récent inquiète : l’ONM délègue désormais à l’OIM la communication sur les chiffres des migrations et les dons associés. Selon plusieurs citoyens haïtiens, cette décision reflète un désengagement préoccupant de l’État face à un phénomène migratoire qui touche des centaines de personnes quotidiennement.
Des questions restent sans réponse : Qui vérifie les données communiquées par la République Dominicaine ? Où se trouvent les personnes rapatriées ? Bien que les donateurs internationaux affichent une volonté affirmée, l’impact concret de leurs projets reste difficile à évaluer. Les défis sécuritaires, la multiplicité des initiatives et l’incapacité du gouvernement haïtien à coordonner les actions limitent le succès de ces efforts.
Cette situation souligne l’urgence de renforcer la gouvernance migratoire et l’accès aux services essentiels pour les populations rapatriées. La coopération entre l’État haïtien, les partenaires internationaux et les organisations locales reste cruciale pour garantir une réintégration effective et respectueuse des droits humains.
Rédaction Kominotek NEWS

