
L’Organisation des Nations Unies (ONU) s’est élevée contre une montée inquiétante du choléra en Haïti, particulièrement dans le département de l’Ouest, où les autorités sanitaires mobilisent des ressources accrues pour enrayer l’épidémie. Selon des données récentes, entre le 5 et le 11 octobre, 139 cas soupçonnés ont été enregistrés, dont plus de 20 confirmés en laboratoire, entraînant 5 décès.
Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA) a indiqué que cette résurgence s’était amorcée dès le 8 septembre, marquant une alerte accrue dans des zones comme Pétion-Ville et certaines quartiers de Port-au-Prince, notamment Cité-Soleil. Les responsables internationaux soulignent un risque accru de propagation rapide dans les camps d’accueil des personnes déplacées à l’intérieur du pays, où les conditions d’hygiène restent préoccupantes.
Le ministère haïtien de la Santé, soutenu par l’Organisation panaméricaine de la santé (OPS) et des partenaires humanitaires, a intensifié des opérations de désinfection, de distribution d’eau chlorée et de kits d’hygiène, ainsi que des campagnes d’éducation sanitaire ciblant les régions les plus touchées. Cette crise survient alors que seulement 11 % des centres de santé disposant d’un service d’hospitalisation à Port-au-Prince fonctionnent pleinement, exacerbant les défis d’accès aux soins. Par ailleurs, la multiplication de centres d’hébergement improvisés, nécessaires pour fuir les violences des gangs, a généré des conditions hygiéniques déplorables, favorisant la transmission du choléra et d’autres maladies infectieuses.
L’OCHA et ses collaborateurs réaffirment leur engagement à accompagner les autorités haïtiennes dans la surveillance épidémiologique, la formation du personnel médical et la mise en place de dispositifs de réponse rapide. Cependant, le contexte sécuritaire et les infrastructures sanitaires fragilisées persistent comme des obstacles majeurs. Les experts alertent sur la nécessité d’une coopération internationale renforcée pour stabiliser la situation et prévenir une escalation de l’épidémie. Les organismes onusiens appuient également des projets d’approvisionnement en eau potable et de construction de sanitaires dans les zones à risque, tout en sensibilisant les populations à l’importance des gestes barrières.
Cette crise, survenue moins de deux ans après un tremblement de terre dévastateur, soulève des inquiétudes quant à la résilience du système de santé haïtien. Les organismes internationaux insistent sur l’urgence de renforcer les capacités locales de prévention et de gestion des urgences sanitaires, tout en appelant à une solidarité accrue pour éviter un effondrement de la situation. Les efforts en cours, bien qu’importants, restent insuffisants face à l’ampleur des défis, exigeant une coordination sans précédent des acteurs locaux et globaux pour protéger les populations vulnérables.
Rédaction Kominotek NEWS

