
Les forces de sécurité ont lancé vendredi une offensive majeure contre les membres de gangs armés dans la commune de Lascahobas, située à l’ouest de Port-au-Prince. L’opération, menée à Sarazin, un bastion des groupes criminels, a entraîné des échanges de coups de feu intenses et a abouti à la mort de plusieurs individus armés. Une source proche du conflit a indiqué que les policiers ont neutralisé des combattants dans une zone boisée proche de la route menant à Lascahobas, mais le bilan exact des victimes reste à confirmer.
Robinson Joseph, journaliste à la Radio Kanpeche, a commenté l’événement en soulignant une « victoire décisive » pour les forces de l’ordre. « Les agents ont mené une attaque surprise dès le matin, visant à déstabiliser les gangs qui contrôlent cette région depuis des années », a-t-il déclaré. Selon lui, plusieurs insurgés ont été tués, d’autres grièvement blessés, et des armes et munitions ont été saisis lors de l’intervention. Cependant, il a insisté sur le fait que cette opération reste un défi pour la sécurité publique, en raison de la résistance acharnée des groupes armés.
L’un des points marquants de cette journée a été l’absence notable du chef de gang Jeff Gwo Lwa, dont la présence était attendue à un rassemblement commémorant le 219e anniversaire de l’assassinat de Jean-Jacques Dessalines, le premier gouverneur général de Haïti. Cette célébration, souvent marquée par des démonstrations publiques et des défilés, a cette année été marquée par le silence de Gwo Lwa, malgré ses promesses préalables d’assister à l’événement. « Le peuple de Lascahobas l’attendait pour faire la fête avec lui, mais il n’est pas venu », a ironisé Robinson Joseph, soulignant le contraste entre les promesses du dirigeant de bande et son absence.
Me Robinson Mazarin, président du Mouvement des Citoyens Conséquents du Centre (MOCEC), a également confirmé les faits, ajoutant que les forces de l’ordre n’ont pas subi de pertes humaines lors de l’intervention. « C’est une étape positive, mais la lutte contre les gangs reste un combat de longue haleine », a-t-il déclaré sur les ondes de Radio Kiskeya. Il a souligné que les gangs, bien implantés dans plusieurs communes haïtiennes, continuent de menacer le développement socio-économique du pays.
Les tensions s’intensifient depuis plusieurs mois dans la région, où des affrontements sporadiques entre policiers et groupes armés ont entraîné des pertes civiles et la destruction d’infrastructures. Lascahobas, un point névralgique entre Port-au-Prince et les communes environnantes, est régulièrement touchée par ces conflits. Les résidents locaux ont exprimé leur préoccupation quant à la montée de la violence, tout en saluant les efforts de la police pour rétablir un semblant de sécurité.
Le chef de gang Jeff Gwo Lwa, dont le nom est souvent associé à des actes de piraterie et de racket dans la zone, n’a pas encore commenté ces récents développements. Son absence lors de la commémoration a suscité des spéculations sur son état de santé ou une retraite stratégique. Cependant, certains experts en sécurité craignent que son groupe puisse reprendre des forces et intensifier ses activités dans les prochaines semaines.
Les autorités locales ont appelé à la prudence et à la coopération des citoyens pour aider à identifier les responsables des attaques. Une enquête a été ouverte pour déterminer les circonstances exactes des échanges de tirs et les responsabilités des parties impliquées. Les habitants de Lascahobas, habitués à la cohabitation difficile avec les gangs, restent dans l’expectative face aux prochaines mesures gouvernementales.
Cette opération policière, bien qu’encouragée par l’absence de victimes dans les rangs de la sécurité, soulève des questions sur la capacité du gouvernement à maintenir la paix dans un pays où l’insécurité persiste depuis des années. Les observateurs soulignent l’importance de renforcer les institutions et de mener des actions coordonnées avec la population pour éradiquer les réseaux criminels et prévenir de nouvelles escalades.
Rédaction Kominotek NEWS

