
Les États-Unis ont annoncé vendredi 17 octobre des sanctions ciblant deux figures haïtiennes majeures, Dimitri Hérard et Kempes Sanon, à travers l’Office of Foreign Assets Control (OFAC) du Trésor américain. Ces mesures, motivées par leur soutien à l’entité criminelle « Viv Ansanm », visent à combattre les actes de violence, d’extorsion et de terrorisme perpétrés dans le pays.
Bradley T. Smith, directeur de l’OFAC, a souligné dans un communiqué que les actions entreprises visaient à « cibler les responsables et les organisateurs clés, tels que Hérard et Sanon, dont l’implication active alimente la campagne de criminalité organisée de la coalition Viv Ansanm ». Il a aussi rappelé l’engagement du gouvernement américain à tenir les groupes violents responsables de leurs attaques contre les civils haïtiens.
Dimitri Hérard, ancien chef de l’Unité de sécurité générale du Palais national (USGPN), a été impliqué dans l’enquête sur l’assassinat de l’ancien président Jovenel Moïse en juillet 2021. Incarcéré à l’époque, il a bénéficié d’une évasion réussie en 2024 avant de s’allier à la coalition criminelle Viv Ansanm. Selon les autorités américaines, ce dernier aurait fourni une formation militaire et des armes à plusieurs chefs de gangs, renforçant ainsi les opérations violentes menées contre les institutions étatiques. « Le soutien logistique et logistique de Hérard a joué un rôle direct dans la coordination des attaques de Viv Ansanm, affirme le communiqué. Cette alliance a permis de destabiliser davantage le contexte sécuritaire haïtien. »
Kempes Sanon, lui, est présenté comme le chef du gang Bel Air, acteur clé dans la montée en puissance de la coalition Viv Ansanm. Les États-Unis accusent Sanon et ses hommes de perpétrer des meurtres ciblés, des extorsions massives, des taxes illégales et des enlèvements d’envergure. Leur activité, selon les autorités, contribue à un climat de terreur généralisé, mettant en péril la population civile et l’État lui-même.
Les sanctions prononcées s’appuient sur l’Executive Order 13224, modifié, qui cible les individus ou groupes fournissant un soutien matériel, financier ou technologique à des entités terroristes désignées. Dans ce cas, Viv Ansanm a été officiellement classifiée comme une organisation terroriste, ses actifs étant gelés et ses activités interdites sur le plan international. Hérard et Sanon sont donc tenus responsables de leurs apports directs à ce réseau, que ce soit en armes, en financement ou en coordination stratégique.
Cette initiative américaine s’inscrit dans un contexte où le chaos sécuritaire haïtien s’aggrave, avec l’instabilité politique et la multiplication des confrontations entre gangs rivaux. Les États-Unis, via ces sanctions, visent à dissuader les acteurs locaux de soutenir des groupes criminels tout en soutenant les efforts des forces internationales pour restaurer la paix. Les autorités américaines ont toutefois insisté sur la nécessité d’une coopération accrue avec les gouvernements haïtiens et la communauté internationale pour éradiquer les structures violentes qui menacent la stabilité régionale.
Avec ces mesures, Washington espère également encourager les chefs de gangs haïtiens à désarmer et à se rapprocher des processus politiques légitimes. Cependant, les critiques soulignent que des sanctions isolées, sans accompagnement concret, pourraient exacerber la radicalisation des groupes criminels, renforçant leur contrôle sur les zones déshéritées. Les défis restent donc immenses pour une résolution durable de la crise haïtienne.
Rédaction Kominotek NEWS

