
Port-au-Prince, le 3 septembre 2025 – Dans une lettre ouverte adressée le 2 septembre aux participants du Groupe des amis d’Haïti à l’Organisation des États américains (OEA), le sénateur Guy Philippe, se présentant comme un « leader de la Révolution », a vigoureusement dénoncé toute forme d’ingérence étrangère et plaidé pour une solution authentiquement haïtienne afin de sortir le pays de la crise qui le frappe.
Rappelant les réunions tenues les 29 juillet et 28 août 2025, ainsi que la feuille de route présentée par le Secrétaire général de l’OEA le 20 août, Guy Philippe a insisté sur le fait que ces initiatives ne sauraient être légitimes si elles ne respectaient pas scrupuleusement la Constitution, la souveraineté nationale et le droit international. Il a ainsi souligné l’importance de ne pas contourner les cadres juridiques et politiques en place.
Le sénateur a dénoncé plusieurs violations qu’il juge inacceptables : la création et le maintien du Conseil Présidentiel de Transition (CPT), considéré comme illégitime ; l’intervention militaire kényane, placée sous commandement étranger ; et la présence de sociétés de mercenaires privés, telles que Vectus Global et Erik Prince, ancien dirigeant de Blackwater. Ces groupes, responsables de nombreuses victimes, seraient désormais impliqués dans la gestion douanière, ajoutant ainsi une dimension économique à leur influence contestée.
Guy Philippe a rappelé que le CPT, mis en place en avril 2024, avait dépassé le délai constitutionnel de 60 à 120 jours pour organiser des élections. Aujourd’hui, il cumule près de 22 mois de pouvoir, qualifié d’illégal. Selon lui, cette instance est rejetée par la population, la diaspora et une partie de la communauté internationale. En conséquence, il a appelé à la dissolution immédiate du CPT et à la mise en place d’un gouvernement intérimaire restreint et consensuel, ainsi que d’un Conseil Electoral Permanent (CEP) pour organiser des élections crédibles dans un délai de 4 à 6 mois.
Le sénateur a également insisté sur la nécessité de renforcer la sécurité sans recourir aux mercenaires, de garantir une gouvernance financière transparente et d’assurer une inclusion effective de la société civile et de la diaspora dans les processus décisionnels.
Enfin, Guy Philippe a mis en garde les membres de l’OEA : ignorer la souveraineté haïtienne équivaudrait à cautionner une nouvelle tutelle et à répéter les errements diplomatiques du passé. Il a ainsi appelé à une mobilisation internationale respectueuse des aspirations et des droits du peuple haïtien.
Rédaction Kominotek NEWS

